
Sun a accepté de se vendre 7,4 milliards de dollars à Oracle. C'est plus que ce que proposait IBM.
Sun, abandonné par IBM, qui court se réfugier dans le giron d'Oracle. Tel est le scénario surprise de ce feuilleton informatique dont la dernière page a été publiée lundi. Alors que la presse économique américaine, Wall Street Journal en tête, se faisait ces dernières semaines l'écho de négociations soutenues avec IBM, c'est finalement vers Oracle que Sun s'est tourné pour 7,4 milliards de dollars au total. La transaction devrait être finalisée dès cet été.
Selon les termes de l'accord dévoilé lundi par les deux groupes, Oracle va donc racheter l'intégralité des actions Sun à un prix de 9,50 dollars par titre, représentant 5,6 milliards de dollars. C'est plus que les 9,40 dollars proposés début avril par le géant de l'informatique IBM pour racheter Sun. Ce dernier avait d'ailleurs rejeté l'offre d'IBM qu'il jugeait sous-évaluée. En incluant la reprise de la dette de Sun, le montant total de la transaction est de 7,4 milliards de dollars.
Lundi, l'action d'Oracle a rapidement dévissé de plus de 5%, suite à l'annonce surprise de ce rachat, avant de se reprendre légèrement. Peu de monde avait en effet parié sur cette opération. Steve Ballmer, PDG de Microsoft, s'est ainsi déclaré « très surpris ». Les analystes de la Deutsche Bank ont eux aussi jugé cette transaction « surprenante », mais « conforme au but d'Oracle de gagner des parts de marché dans la gestion de données ». « Nous pensons aussi que les motivations d'Oracle sont défensives », ont-ils écrit dans une note.
A première vue, Oracle et Sun ont en effet peu de points communs. Oracle, malgré ses acquisitions à profusion (PeopleSoft, BEA, Siebel...), reste avant tout une entreprise connue pour ses logiciels professionnels, premier concurrent de l'allemand SAP. Sun, à l'inverse, doit son renom à ses serveurs haut de gamme destinés aux entreprises, dispose de son système d'exploitation (Solaris) et de quelques perles, comme le langage Java et la base de données libre MySQL, achetée l'an dernier un milliard de dollars.
C'est justement là une des forces de la transaction, avance-t-on du côté d'Oracle, où l'on explique que des solutions, du disque dur jusqu'aux logiciels, seront désormais vendues sous la même bannière. « Le rachat de Sun va transformer l'industrie des technologies de l'information », pour proposer « un système intégré dont tous les éléments seront adaptés les uns aux autres », résume le PDG d'Oracle, Larry Ellison, cité dans le communiqué. Bref, un équivalent professionnel d'Apple.
Les deux entreprises se connaissent déjà. « Oracle et Sun sont des partenaires depuis plus de 20 ans, et leur fusion est une évolution naturelle de leurs relations, qui consistuera un évènement décisif » dans le secteur, a pour sa part commenté le président de Sun, Scott McNealy. Le logiciel d'Oracle Fusion Middleware, est ainsi basé sur le langage Java, tandis que le système Solaris est utilisé par les logiciels de base de données d'Oracle, le secteur phare du groupe.
« Notre point de vue sur cette acquisition n'est pas très positif », notait cependant Amitabh Goel chez First Global. « On ne sait pas comment Oracle va gérer un fabricant d'équipement, surtout que la part de marché de Sun est sur la pente déclinante », a-t-il expliqué, soulevant aussi des « difficultés d'intégration » potentielle, et enfin le risque que les clients, qui jusqu'à présent choisissaient Oracle par opposition à Sun, réagissent mal.
Une fois réalisée, cette acquisition devrait générer pour Oracle 1,5 milliard de dollars de bénéfices la première année, et plus de 2 milliards la seconde année, a précisé par ailleurs Safra Catz, numéro deux du groupe.

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deux californiens cela va mieux marcher qu'avec IBM le texan, mais surtout il n'y pas trop de doublons technologiques. Oracle est convaincu que sa base de données est trop vieille et complexe et a largement changé pour le marché des ERP ou il n'affronte réellement que SAP et Microsoft. Parions que Oracle-Sun va massivement investir le cloud computing dans les prochaines années. Ainsi la vision de Larry Ellison pour le Network Computer risque de s'imposer. Sun possède cet outil au catalogue, il consomme quelques watts, une misère, et les serveurs pour l'infrastructure...à suivre