Les fondateurs de Palm et de Handspring se sont lancés dans une nouvelle aventure: l'intelligence artificielle. Ils distribuent depuis peu une plateforme logicielle censée reproduire les schémas d'apprentissage du cerveau. Explications avec Donna Dubinsky, la PDG de Numenta.
Les fondateurs de Palm et de Handspring en sont à leur troisième révolution informatique. Après l'agenda de poche et le smartphone, ils veulent cette fois-ci construire un ordinateur qui fonctionne comme un humain en simulant les opérations du cerveau, ou plus précisément d'une de ses parties: le néocortex, qui serait à la base de notre intelligence. Selon Donna Dubinsky et Jeff Hawkins, le néocortex n'est autre qu'une grosse mémoire, constituée de nombreux réseaux et qui archive des expériences selon des schémas (patterns) et s'en sert ensuite pour apprendre, comprendre, agir et même prévoir l'avenir. Après avoir publié, il y a trois ans, un livre sur cette "mémoire temporelle hiérarchique" (MTH), leur nouvelle société Numenta a commencé, le mois dernier, à distribuer une première version libre de leur logiciel, NuPIC, qui reproduit le fonctionnement de cette mémoire. Les applications potentielles sont multiples: de la robotique aux prévisions météo en passant par l'aide a la conduite automobile, la recherche pétrolière ou la découverte de nouveaux médicaments. Encore faudrait-il que cette théorie ne connaisse pas le même sort de toutes les autres liées à l'intelligence artificielle. Explications de Donna Dubinsky, la PDG de Numenta, une start-up de la Silicon Valley qui compte aujourd'hui une quinzaine d'employés et que nous avons rencontréz à l'occasion de la conférence O'Reilly sur les technologies émergentes.
Votre théorie de la reproduction du fonctionnement du cerveau est-elle la première?
Non, il en existe de nombreuses qui sont d'ailleurs à l'origine du développement de l'intelligence artificielle. En revanche, nous pensons être les seuls à l'avoir traduite entièrement sous forme d'algorithmes et à proposer une implémentation logicielle : notre plate-forme NuPIC. Les développeurs peuvent désormais l'utiliser gratuitement pour écrire leurs propres applications.
N'est-ce pas de la science-fiction?
Le temps le dira. Mais Numenta est une société à but lucratif qui compte aujourd'hui huit partenaires qui nous versent des royalties pour utiliser notre plateforme dans les domaines militaire, automobile, énergétique (construction de centrales) et jeu vidéo. Nous avons testé longuement notre technologie et elle fonctionne parfaitement lorsqu'il existe une grosse base de données d'informations à partir de laquelle le système peut commencer à apprendre et à créer ses propres schémas. Exactement comme un enfant à qui l'on apprend qu'un chien dispose de quatre pattes et d'une queue. Après en avoir vu plusieurs, l'enfant reconnaît que c'est un chien même s'il voit l'animal de derrière, de devant ou de côté. Une chose qui est très difficile à reproduire avec la technologie actuelle, qui est trop rigide. Il faudrait en effet pratiquement définir tous les chiens qui existent sous tous les angles possibles pour pouvoir atteindre ce niveau de précision.
Combien de temps faut-il au système pour apprendre et commencer à penser par lui-même?
Cela dépend. Par exemple, notre application de reconnaissance visuelle fonctionne après seulement quelques heures d'apprentissage et donne déjà des réponses satisfaisantes. Mais, plus il y a de données, plus ce cyber-cerveau sera à même de comprendre et d'agir. En fonction de la complexité de l'application, cela peut prendre des mois, voire des années. Exactement comme un humain.
A quand les premières applications?
Nous venons à peine de publier notre plateforme pour Mac et Linux (une version pour Windows est prévue, ndlr). Je pense qu'il faudra encore un an avant que les premières applications capables de réagir à leur environnement externe voient le jour. Après, on peut imaginer d'intégrer notre système au sein de puces pour être ensuite incorporées dans des robots. Notre cerveau virtuel va révolutionner l'informatique puisque les ordinateurs utilisés pour ces applications seront basés sur NuPIC et non plus sur des machines traditionnelles avec un système d'exploitation générique, des simulateurs, etc. Mais nous sommes patients… Si nous avons financé nous-mêmes Numenta, c'est justement pour ne pas avoir à rendre des comptes à des investisseurs qui s'impatienteraient. Nous voulons être certains d'être là lorsque cela explosera.

Au travers d'une étude menée au mois de janvier par le cabinet Cross Tabs pour Microsoft, il apparaît qu'en France, dans 48% des cas, les informations des candidats à un poste...
Deux sociétés françaises ont récemment réalisé de nouvelles levées de fonds. A commencer par Compario, un éditeur de logiciels spécialisé dans la recherche et le E-Merchandising,...
Au mois de novembre, nous apprenions qu'AOL - alors sur le point de devenir indépendant du groupe Time Warner - avait considéré revendre son logiciel de messagerie instantanée...
Selon un article du Wall Street Journal, Google pourrait très bientôt dévoiler de nouvelles fonctionnalités communautaires au sein de son service de courrier électronique Gmail....
Lors d'une conférence de presse, l'opérateur espagnol Telefonica aurait expliqué que les sociétés Internet telles que Google et Yahoo! utiliseraient beaucoup de bande passante...
A partir de mardi après-midi et jusqu'à jeudi, l'Assemblée nationale examinera en première lecture le texte de la « Loi d'orientation et de programmation pour la performance de...
tres interessant, a creuser. Petite coquille: "Exactement comme un enfant à qui l'on apprend qu'un chien dispose de deux pattes et d'une queue." -> je crois qu'il manque 2 pattes a votre chien (-;