
Motorola envisage de se séparer de ses téléphones portables. Deux ans après le succès du Razr, l'américain n'a pas su se renouveler et ne cesse de perdre du terrain.
Deux ans après avoir engrangé des ventes grâce au succès du Razr, Motorola pourrait se séparer de ses téléphones mobiles. Dans un court communiqué, le groupe a indiqué jeudi soir qu’il allait étudier diverses options pour aider sa division « portables » « à regagner son leadership sur le marché mondial ». Parmi les alternatives envisagées figure « la séparation de la division mobiles des autres activités [du groupe] pour permettre à chaque activité de croître et de mieux répondre aux attentes de ses clients », a-t-il souligné. Motorola a toutefois indiqué qu'il n'était pas en mesure de fournir la moindre assurance que l'opération aille à son terme. Les modalités et le calendrier d'une telle scission restent aussi à définir.
Devant l'énormité d'une telle décision - la téléphonie mobile représente la moitié de l'activité du groupe - le marché ne savait trop comment réagir. Dans les échanges électroniques suivant la séance boursière officielle, le titre Motorola perdait 0,83%, pour revenir à 11,40 dollars. Concurrencé par Nokia, Samsung et les fabricants de « smartphones », Motorola a vu ses ventes de portables plonger de 33% l'an dernier, ce qui lui avait valu de se faire déposséder de son deuxième rang mondial par le groupe coréen. Au 3e trimestre, sa part de marché était tombée à 13% contre 21% un an plus tôt, selon le cabinet Gartner, alors que Samsung en a conquis 14,5% et que Nokia était loin devant avec 38%. Motorola est même menacé d'être dépassé par Sony Ericsson, dont les ventes ont bondi de 18% au 4e trimestre.
En raison de l'effondrement des performances dans les mobiles, Motorola a enregistré une perte nette de 49 millions de dollars en 2007, alors qu'il était encore bénéficiaire de 3,6 milliards de dollars un an plus tôt. La spirale descendante va continuer: Motorola prévoit une perte au 1er trimestre, avant même charges de restructuration, et s'attend à une nouvelle baisse « significative » de ses ventes de portables sur ces trois mois. Le nouveau PDG du groupe, Greg Brown, ne souhaite donc pas traîner. Une scission de cette activité devrait au moins satisfaire l'investisseur milliardaire Carl Icahn, qui détient environ 3% du groupe et qui réclame avec insistance un démantèlement de l'ex-fleuron de la technologie américaine.

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