Microsoft accuse Google de piller les contenus des éditeurs. La bibliothèque numérique et YouTube sont en ligne de mire. Microsoft, en position de faiblesse sur ces marchés, cherche à se faire bien voir.
Microsoft a envie de plaire. A défaut de convaincre les internautes d'utiliser son moteur de recherche, le géant américain s'est lancé mardi dans une grande opération de charme à destination des éditeurs. Règle numéro un de ce genre d'exercice : discréditer l'adversaire, en l'occurrence Google. Dans une virulente tribune publiée par le Financial Times, le conseiller juridique Tom Robin s'en prend aux pratiques « cavalières » de celui qui « essaie partout où il le peut de contourner les limites de la législation sur les droits d'auteurs ». Visé, le projet de bibliothèque numérique Recherche de livres, « très avantageux pour Google sur le plan commercial. Mais à l'inverse, ceux qui détiennent les droits d'auteur ne devraient pas gagner grand chose, voire rien du tout », écrit Tom Robin. « Google a adopté une stratégie unilatérale en estimant qu'il a le droit de retirer les livres des étagères des bibliothèques pour les copier à grande échelle sans l'autorisation des éditeurs et des auteurs qui détiennent les droits », ajoute-t-il, avant de s'en prendre dans les mêmes termes à YouTube, désormais propriété de Google, qui diffuse des vidéos sans l'autorisation des ayants-droits.
Deuxième étape de l'exercice pour Microsoft : vanter ses charmes. Ici, Tom Robin distingue l' « unilatéralisme » de Google, en procès pour son moteur de recherche d'actualité en Belgique, ou forcé de retirer régulièrement des vidéos par dizaines de milliers, de la « collaboration » mise en avant par son groupe, qui négocie des accords à l'amiable et collabore pour supprimer rapidement toute vidéo litigieuse. Autrement dit, pour être en sécurité, mieux vaut dialoguer avec Microsoft qu'avec l'odieux Google. La réalité est cependant plus complexe. Fortement critiqué, Google a infléchi sa politique de numérisation des livres : comme Microsoft, il collabore avec des universités, des éditeurs, et retire les livres qui lui sont signalés. En tout, 10.000 partenariats ont été noués, a ainsi contesté David Drummond, homologue de Tom Robin chez Google. Quant aux vidéos, YouTube a récemment annoncé qu'il venait de dépasser le millième partenariat. A voir maintenant l'accueil réservé au discours de Microsoft chez les éditeurs. La précédente sortie du groupe, sur le même thème, visait Linux et les logiciels libres. Une menace pour la propriété intellectuelle, accusait-il. Mais une menace pour Microsoft, surtout.

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