Le patron de l'éditeur français s'interroge dans une lettre ouverte sur les méthodes employées par Microsoft pour imposer Windows sur 17000 portables destinés à l'éducation nationale du Nigéria alors qu'il avait bel et bien emporté le contrat.
Dur, dur de se battre contre Microsoft. L’éditeur français de systèmes d’exploitation Linux, Mandriva, vient d’en faire l’amère expérience. Au point de pousser son patron, François Bancilhon, à écrire une lettre ouverte à Steve Ballmer. Une lettre aussi virulente que très commentée dans le milieu dans laquelle il met en cause les méthodes du n°1 mondial du logiciel, apostrophant ainsi son puissant homologue : « Hey Steve, comment vous sentez-vous quand vous vous regardez dans la glace ».
Le 30 octobre, Mandriva était pourtant tout fier d’annoncer avoir été choisi par l’éducation nationale nigériane pour équiper 17.000 ordinateurs portables Classmate. Ces ordinateurs à bas prix conçus par Intel ont pour but de répondre aux besoins éducatifs des pays en développement. Installer un système d’exploitation en logiciel libre permet donc a priori de limiter la facture.
C’est notamment le choix fait par le projet concurrent OLPC, initié par le Massachussets Institute of Technolgy, avec un prix de sortie autour de 200 dollars l’unité. Intel, lui, laisse la possibilité au client de choisir son système d’exploitation. Le même jour, on apprenait ainsi que la Libye commandait 150.000 Classmate, mais en choisissant de les faire tourner sous Windows.
Apparemment, Microsoft était prêt à tout pour obtenir aussi la victoire au Nigéria. Dans sa lettre ouverte, datée du 31 octobre, François Bancilhon annonce que Mandriva n’équipera finalement pas les Classmate alors qu’il avait décroché le contrat à la régulière, dans un contexte concurrentiel dont "Je ne dirais pas qu'il avait tourné au sale... Mais certains auraient pu le dire" insinue-t-il. Détail curieux, il affirme que le Nigeria paiera quand même pour les distributions Mandriva Linux qui seront livrées avec les ordinateurs mais qu’elles seront remplacées par Windows par la suite. « Whaou, je suis impressionné, Steve ! Qu’est-ce que vous avez fait pour que ces types changent d’avis comme ça » fait-il mine de s’interroger.
Et le patron de Mandriva de conclure dans un style très pot de terre contre pot de fer : « Bien sûr, je continuerai à me battre pour le prochain contrat, et le suivant. Vous avez l’argent, le pouvoir (…) mais je crois le travail, la technologie et l’éthique peuvent gagner aussi ».

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