Le portail Internet a rejeté lundi l'offre de rachat pour 44,6 milliards de dollars présentée par Microsoft, la jugeant sous-évaluée. Le n°1 mondial du logiciel peut améliorer sa proposition ou devenir franchement hostile.
Yahoo vaut plus que ça. C’est la raison mise en avant lundi par le portail pour rejeter l’offre de rachat de près de 45 milliards de dollars de Microsoft. « Après une évaluation minutieuse, le conseil d'administration a jugé que l'offre de Microsoft sous-évalue nettement Yahoo, qu'il s'agisse de notre marque, de notre audience mondiale, de nos investissement massifs récemment faits dans des plates-formes publicitaires et de nos perspectives de croissance » explique Yahoo dans sa réponse. Laquelle réaffirme à nouveau que le portail « continue à évaluer toutes les options stratégiques », mais sans s’exprimer sur les nombreuses rumeurs concernant des discussions avec d’éventuels chevaliers blancs. Le Times évoquait ainsi lundi à nouveau la piste d’une alliance avec AOL. Reste qu’en focalisant le motif de son refus sur l'élément financier, Yahoo laisse la porte ouverte à des négociations.
Selon des sources internes cités par plusieurs médias américains, Yahoo voudrait pousser Microsoft à augmenter son offre à au moins 40 dollars pour chacune de ses actions au lieu des 31 dollars proposés actuellement. Ce qui amènerait le n°1 mondial du logiciel à débourser 12 milliards de dollars de plus. Un effort supplémentaire qu’il est théoriquement capable de fournir. Son offre combine en effet pour moitié du cash et un échange de ses propres actions. Seul problème, depuis l’annonce de cette OPA-OPE, le titre de Microsoft a perdu 10%. En revanche, le groupe co-fondé par Bill Gates peut toujours compter sur une trésorerie de 21 milliards de dollars et sur un endettement nul. Il a d’ailleurs annoncé la semaine dernière qu’il était prêt à emprunter pour financer cette acquisition. Or compte tenu de ses gigantesques cah flows, nul doute que les prêteurs se bousculent au portillon.
Tout semble donc dépendre de la volonté de Microsoft d’ouvrir davantage son porte-monnaie. Mais le voudra-t-il ? Le New York Times faisait récemment un portrait très rigide de celui qu’il présente comme l’homme clé de cette opération : le directeur financier de l’éditeur, Christopher P. Liddell. Et d’évoquer les alternatives à ce surcroît de dépenses. L’éditeur pourrait ainsi faire pression sur les principaux actionnaires de Yahoo dans le but de débarquer le conseil d’administration du portail. Des arbitres d’autant plus sensibles aux arguments de Microsoft que « depuis 15 jours, des millions d’actions Yahoo sont tombées aux mains de hedge funds court-termistes qui privilégient une vente rapide contrairement à d’autres investisseurs qui gardent des actions à long terme ». De plus, il pourrait aussi profite du fait que les deux groupes ont des actionnaires influents en commun. A commencer par Capital Research & Management qui, selon le New York Post, détenait à la fin septembre, 11% de Yahoo et 6% de Microsoft.
Tenter un coup d'Etat à la tête de Yahoo présente néanmoins des risques. Et notamment celui de faire fuir les ingénieurs et tous les salariés qui sont une des richesses du portail. Mais Microsoft a averti dès son premier communiqué qu'il "se réservait le droit de poursuivre toutes les actions nécessaires pour s'assurer que les actionnaires de Yahoo aient l'opportunité de réaliser la valeur inhérente à notre proposition".

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