La série télévisée américaine « Les Experts » nous le rappelle chaque semaine: la reconnaissance d’images fait partie des technologies utilisées quotidiennement par la police scientifique. Dans ce domaine, une jeune pousse d'origine française, LTU Technologies, a acquis en quelques années une réputation internationale. Elle a d'ailleurs été rachetée en 2005 par la société japonaise Jastec. Ses logiciels équipent aussi bien le FBI et les douanes américaines, que la Gendarmerie Nationale et la plupart des polices européennes. L’entreprise réalise là 40% de son chiffre d’affaires.
La solution élaborée à l'Inria par les trois fondateurs de LTU permet en effet à un ordinateur de donner du sens aux images. Ce qui n’est pas rien. Car si le cerveau humain est capable de rapprocher facilement une photo retouchée ou recadrée du cliché original, il en va autrement d’une machine qui n'a accès qu'à une matrice nombres. Or c'est là que les logiciels de LTU interviennent. Ils sont en effet capables d’analyser la photo pour en extraire les éléments constitutifs (formes, couleurs, textures,…), ce qu’on pourrait assimiler à son ADN. C’est cette signature numérique qui permet d'indexer, de reconnaître et de comparer des images.
Domaine d’activité : Logiciel d’analyse automatique de contenus multimédia
Année de création : 1999
Effectifs : 20
Dirigeant : Alexandre Winter
Fondateurs : Chahab Nastar, Sébastien Gilles, Alexandre Winter
Capital : 252 500€
Levée(s) de fonds : deux opérations en 2000 pour un total de 5,8 M€. Rachat de l’entreprise par la SSII japonaise Jastec en 2005.
Actionnaire(s) : Jastec International (100%)
Chiffre d’affaires 2006 : n.c.
Concurrents : aucun sur le même créneau.
Sur les logiciels d’enquête dédiés à la pornographie : Microsoft.
Sur la reconnaissance d’images : IBM, Google,…
Sur la reconnaissance de vidéos copyrightées : Advestigo (Fr), l’INA (Fr), Audible Magic (US),…
Cette technologie se décline en de nombreuses applications : enquêtes criminelles, renseignement militaire, trafic d’objets d’art, contrefaçon… Dans le domaine de la lutte contre les réseaux pédophiles, elle permet à la police de comparer les images stockées dans ses bases de données avec celles récupérées sur des newsgroups ou lors de saisies d’ordinateurs. Elle peut alors confondre des personnes suspectées.
Ce moteur de description et de recherche d'images n’intéresse évidemment pas que la police. L’industrie des médias est même en fait devenue le premier débouché pour LTU, au point de représenter 60% de son chiffre d’affaires. Et la société entend bien continuer à surfer sur les problèmes liés à la protection de la propriété intellectuelle et à la gestion des contenus sur le web.
Grâce à ses logiciels, producteurs et diffuseurs peuvent en effet surveiller l’emploi illicite de photos et de vidéos sans acquittement des droits. Pour autant, l’extraordinaire montée en puissance des réseaux sociaux et des sites de partage de contenus et la banalisation de certaines pratiques rendent de plus en plus illusoires l’application de sanctions. « Lors d’un match de foot, les diffuseurs n’ont pas envie que les images se retrouvent le lendemain sur YouTube, ce qui se traduit par une perte de revenus. Faut-il pour autant interdire aux internautes de poster de tels contenus sur leur site préféré ? », se demande ainsi Alexandre Winter, le patron de LTU.
Pour lui, la législation sur le copyright dans l’industrie des médias va donc inévitablement évoluer à court terme. « En lieu et place du tout répressif, la tendance est plutôt à un partage des revenus générés par la publicité entre les ayants droits et les internautes. De toute façon, il est impossible de venir à bout de milliards de téléchargements illicites », estime-t-il.
LTU ne se contente donc pas de viser les acteurs des médias traditionnels. Il veut également aider des sites du web 2.0 à améliorer leur modèle économique, à l’instar de Flickr, le site de partage de photos de Yahoo. « 1% seulement des photos accessibles sont taggées par les internautes, ce qui limite d’autant la publicité contextuelle », relève Alexandre Winter. D'où l'idée d'associer un système de reconnaissance et d'inxation automatique des photos utilisant les mots clés adéquats… La solution est déjà en cours de développement. Elle devrait être opérationnelle d’ici douze mois.
La jeune pousse participe également au projet européen Quaero, dans le cadre d’un partenariat avec le moteur de recherches Exalead. Plus d’un milliard d’images mises en ligne ont ainsi été indexées par LTU Technologies, également à l’origine d’un filtre « Visage » actif depuis quelques mois. Exemple : en tapant Winter, le moteur remonte des paysages de neige. Avec le filtre « Visage », le moteur ne laisse apparaître que les personnalités dont Winter est le nom de famille. « Pour autant, l’entreprise n’a pas vocation à devenir un acteur du BtoC, qui vendrait ses solutions directement au grand public », tient à préciser Alexandre Winter.

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LTU, jeune pousse? Cette société existe depuis 2000, je pense qu'il y a certainement beaucoup plus jeune en France. D'autre part, cette société appartient depuis 2 ans à une SSII japonaise. Que vient elle faire dans votre newsletter, par ailleurs excellente?