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Internet

Les robots de Botraiders traquent les délits d'initiés en bourse

Gilles Musi -  14/03/2008 16:19  - L'Expansion.com 
 
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Une jeune pousse spécialisée dans l'intelligence artificielle a développé des robots capables de repérer les variations anormales du cours des actions, d'établir des prévisions et d'émettre des conseils calqués sur le comportement des initiés.

Faire confiance à un robot ne va pas forcément de soi. Qui plus est quand il s’agit de lui confier la gestion de son patrimoine boursier. C’est pourtant le défi relevé par Botraiders, une jeune pousse originaire de Montpellier. Yann Finck et Xavier Bouteiller, les deux fondateurs âgés de 28 et 29 ans, ont mis au point un logiciel d’intelligence artificielle qui surveille en permanence les fluctuations de cours des valeurs cotées à la Bourse de Paris. Objectif : repérer les variations consécutives à des délits d’initiés pour en faire profiter les petits porteurs.

Le délit d’initiés… le mot est quasiment tabou en France. Pourtant, affirme Xavier Bouteiller, gérant de Botraiders et ex-banquier entreprises à la Société Générale, « Il y en a des dizaines tous les jours. L’AMF a des robots qui surveillent en permanence les cours et qui émettent des alertes en cas de comportements bizarres. Mais elle ne déclenche de véritables enquêtes qu’à l’occasion de transactions suspectes importantes, impliquant plusieurs centaines de personnes ». Tous ces « petits » délits d’initiés sont donc passés quotidiennement à la moulinette des logiciels d’intelligence artificielle de Botraiders. Le but étant de se positionner comme ces initiés et en même temps qu'eux.

Fiche d’identité : Botraiders

Domaine d’activité : Conseils boursiers par intelligence artificielle
Année de création : 2007 (Création juridique : avril 2008)
Effectifs : 5 Dirigeant : Yann Finck Fondateurs : Yann Finck et Xavier Bouteiller
Capital : 30 000€
Levée(s) de fonds : non prévu dans l’immédiat Actionnaire(s) : fondateurs
Chiffre d’affaires 2007 : n.c.
Concurrents : Daybyday (FR), TbxTrade (FR)

Sur les 250 actions cotées à Paris (CAC 40 et SBF 120), 130 possèdent déjà leur robot trader ou « botraider ». Chacun d’eux est alimenté quotidiennement par 3000 indicateurs (moyenne mobile, graphiques, seuils de résistance,…). 60 millions de calculs plus tard, les algorithmes délivrent une note, comprise entre -1 et +1 qui évalue la probabilité à la hausse ou à la baisse. Il s’agit d’une tendance pour les vingt prochains jours. Mais qui ne prétend pas refléter des variations de très courte durée.

« Une fois sa prévision établie, le robot prend position ou pas. En fait, nous essayons de calquer son comportement sur celui d’un analyste », explique Xavier Bouteiller. A l’internaute de suivre la recommandation du robot, ou de l’utiliser comme un complément de sa propre analyse. « Ce n’est évidemment pas inintéressant, estime un courtier en ligne sous couvert d’anonymat, toutefois, le modèle proposé nécessiterait une analyse plus approfondie et sur le long terme pour pouvoir se prononcer sur l’efficacité et la pertinence du logiciel. En étudiant un de leur historique de trade, nous avons noté des éléments qui mériteraient des éclaircissements. En fait, il n’y a aucune possibilité de tester leur modèle. Ce manque de transparence empêche la réalisation d’hypothèse de simulation ».

Si les intéressés se refusent à communiquer « pour des raisons de secret industriel » sur les méthodes employées, ils n’en demeurent pas moins lucides quant aux capacités de leurs analystes virtuels. « Nous n’affichons pas de performances gagnantes à 100%. En outre, il faut accepter qu’un robot puisse se ‘’planter’’, mais sur le long terme, nous sommes largement gagnants », affirme Xavier Bouteiller. Exemple : le robot dédié à l’action EADS avait pris position à l’achat dès le 1er février dernier. Et donc bien avant que ne soient connus les résultats de l’appel d’offres de l’armée de l’air américaine pour ses avions ravitailleurs. « Il avait détecté une fuite », assure ce dernier. Depuis cette date, le robot conserve sa position haussière. L’avenir dira s’il a raison ou pas. Le recours intenté par Boeing auprès de la Cour des comptes américaine pourrait bien pimenter ses réflexions…

Depuis son lancement, en septembre dernier, le site semble recueillir une large majorité de réactions positives sur les blogs et les forums, même si certains critiquent la pertinence du modèle. « Nous avons 4 000 abonnés à notre newsletter, dont des professionnels, mais nous sommes incapables de dire s’ils suivent nos recommandations ou pas », admet Xavier Bouteiller. D’ici trois mois, le gérant de Botraiders aura un moyen de mesurer sa crédibilité: le site, pour l’instant gratuit, prépare son basculement payant pour le mois de juin. À la clé : des services plus pertinents comme le lancement de trois robots gérant respectivement un portefeuille de 10, 30, et 50 positions. « La publicité restera un revenu marginal, pas plus de 5% de notre chiffre d’affaires », déclare Xavier Bouteiller. Mais il se donne déjà un impératif : « Il faut qu’à la fin de cette année, nous ayons démontré la viabilité et la rentabilité du projet ».

 
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