
En trois ans, ce qui avait été présenté par Jacques Chirac comme un concurrent européen de Google, s'est mué en consortium français aux objectifs épars. Retour sur un énorme malentendu.
Quaero ne veut plus être comparé à Google. Lundi après-midi, les responsables de ce projet à la gestation douloureuse ont tenté de dissiper une fois pour toute cet encombrant malentendu, qui remonte à la première présentation de Jacques Chirac en 2005. Soucieux de trouver des projets pour sa nouvelle Agence de l’innovation industrielle, le président avait alors décrit Quaero comme un « moteur de cherche multimédia sur internet », à même de contrer l’hégémonie des géants américains, Google, Yahoo et Microsoft. Bref, un Galileo de la recherche.
Trois ans plus tard, il ne reste plus grand chose de cette ambition considérable. Quaero ne verra en effet jamais le jour. Du moins, pas comme un moteur de recherche indépendant, consultable par les internautes. Car entre temps, Quaero est devenu « un programme collaboratif de recherche et développement centré sur l’extraction automatique, l’analyse, la classification et l’exploitation de contenus multimédias et multilingues », selon la définition officielle. Autrement dit, un consortium touche à tout dont les travaux, qui dureront cinq ans, auront des retombées diffuses.
Pour donner un peu de cohérence à l’ensemble, cinq projets « à visée applicative » ont tout de même été définis. Ils seront pilotés par Thomson, l’Ina, Exalead, France Télécom et Jouve, et destinés dans l'ensemble aux fournisseurs de contenus, dans la numérisation, la gestion des contenus, la vidéo personnalisée, les moteurs de recherche et les portails, sur PC et mobile. En complément, une structure de recherche partagée, coordonnée par le CNRS et l’université d’Aix-la-Chapelle, occupera 40% du projet Quaero, qui doit mobiliser 300 personnes à plein temps.
Nous n’allons pas constituer un bidule supplémentaire mais améliorer chacun nos produits.
Parmi les avancées attendues figurent par exemple la création de chaînes de contenus personnalisés à la télévision, la numérisation accélérée des brevets, la traduction automatique, la transcription de la voix en texte, le filtrage ou encore l’identification d’un locuteur par sa voix ou son visage, dans un fichier audio ou vidéo. Autant de procédés déjà en place qui demandent à être améliorés. « La machine fait encore dix fois plus d’erreurs que l’humain et on progresse de 10% par an. L’objectif avec Quaero est de progresser deux fois plus vite », explique Jean-Luc Gauvain, directeur de recherche au CNRS.
Chaque participant restera propriétaire de ses découvertes. L'intérêt de Quaero est bien là. Il s’agit, reconnaît Jean-Charles Hourcade, directeur technique de Thomson, de « renforcer la position de nos entreprises dans la propriété intellectuelle et les brevets ». Le petit moteur français Exalead, qui planchera sur la recherche, pourra ainsi bénéficier des trouvailles dans le groupe qu’il dirigera pour mieux concurrencer, individuellement, les géants américains. « Nous n’allons pas constituer un bidule supplémentaire mais améliorer chacun nos produits », commente le fondateur du moteur, François Bourdoncle.
Voilà aussi une raison de la désaffection des entreprises allemandes. Un temps associées, Deutsche Telekom et Bertelsman ont choisi fin 2006 de mener un projet concurrent, Theseus, avec SAP, Siemens et Lycos. Déjà compliquée à 24, la bonne gestion d’un consortium aussi disparate aurait relevé de la prouesse. Résultat, l’Allemagne occupe une place mineure parmi les partenaires de Quaero, loin de ce qui avait été voulu par Jacques Chirac. Le mode financement témoigne d'ailleurs du caractère quasi franco-français de l'affaire. L’aide de 99 millions validée par Bruxelles sera exclusivement versée par la France. Les industriels apporteront 100 millions supplémentaires mais recevront des aides en contre-partie. L’apport de chacun n’a pas été précisé.

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Encore un truc foireux à la chirac et probablement, une fabuleuse machine à détourner le fric et placer les copains.... Lamentable