Le Conseil de la concurrence juge que les opérateurs mobiles virtuels ne sont pas encore en mesure de concurrencer Orange, SFR et Bouygues. Les trois opérateurs font tout pour retenir leurs abonnés. Les tarifs de gros des MVNO devraient être régulés.
Les opérateurs mobiles virtuels ont la vie dure en France. Le Conseil de la concurrence juge que ces MVNO, censés développer le marché du téléphone mobile, sont actuellement dans l’incapacité de le faire. La faute à Orange, SFR ou Bouygues qui retiennent leurs abonnés par tous les moyens. Par la durée des contrats d'abonnement qui les lient à leurs clients, par les difficultés de mise en oeuvre de la portabilité des numéros - changer d'opérateur sans changer de numéro de téléphone portable - et par la longueur des délais de résiliation d'un abonnement. Ensuite, le Conseil estime que les contrats de MVNO signés depuis quelques mois entravent « la liberté commerciale » des opérateurs virtuels et leur possibilité de faire concurrence. Soit les tarifs de gros sont trop élevés, ce qui empêche ces MVNO de jouer sur les prix et d’accéder à une large clientèle, soit des contraintes techniques ne leur permettent pas de jouer sur l’innovation. Enfin, les contrats sont conclus pour de longues durées (jusqu'à neuf ans) et assortis de clauses d'exclusivité contraignantes.
Le Conseil rejoint donc, sur la plupart de ces points, l’analyse de l’Autorité de régulation des communications, qui avait demandé son avis en février. Il relève le « risque potentiel » de collusion tacite entre Orange, SFR et Bouygues. En clair, les trois opérateurs ont tout intérêt à s’entendre pour éviter que les MVNO qu’ils hébergent ne cannibalisent leur parc de clients. Alors que, selon l’ART, ils auraient au contraire tout intérêt à profiter des MVNO pour se grignoter des abonnés, tout en engrangeant les retombées de la vente de minutes en gros. Pour favoriser la concurrence, le Conseil préconise donc une régulation des tarifs de gros et rappelle que les conditions du transfert vers un autre opérateur doivent être sensiblement améliorées. Il tient toutefois à rappeler que le marché n’en est qu’à ses premiers frémissements et que son analyse relève plus d’un pari sur l’avenir. Depuis le début de l’année, le marché a ainsi nettement évolué. Des « gros » MVNO, comme NRJ, M6 et Neuf Telecom, ont annoncé leurs entrée. A moyen termes, ces nouveaux opérateurs sans réseau cibleraient 3,5 millions d’abonnés, soit 7% du parc global.

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