Les Galeries Lafayette ont conclu, jeudi soir, la vente de Télémarket. Le chiffre d'affaires du cybermarché, toujours déficitaire, est en baisse depuis trois ans. Alors que le e-commerce ne cesse de progresser, le secteur des supermarchés en ligne ne décolle pas.
Les Galeries Lafayette renoncent à leurs rayons virtuels. Faute d’être « au cœur de sa stratégie », faute surtout d’un réel décollage des ventes et d’un équilibrage des comptes, Télémarket a été vendu jeudi soir aux fonds d’investissement gérés par AFG Private Equity et Cita Gestion, accompagnés de Roland Courtas, fondateur du voyagiste en ligne Travelprice, et d’Olivier Le Gargean, directeur général du cybermarché. Ce dernier promet que l’opération « assure la pérennité de l’entreprise et ouvre de bonnes perspectives de développement pour Télémarket.fr et pour nos 250 collaborateurs. Nous allons pouvoir accélérer notre croissance, qui est déjà à deux chiffres depuis le début de l’année 2005 ».
Pour les Galeries Lafayette, la vente a tout d’un soulagement. Propriétaire à 100% de Télémarket depuis 2002, le groupe a cherché plusieurs fois à vendre son cybermarché. Car depuis trois ans, sa filiale est loin d’une croissance à deux chiffres. Pire, les résultats sont passés de 42,7 millions d’euros en 2002 à 36,2 millions d’euros en 2004. Aussi, dans sa note préparant l’OPA sur les Galeries Lafayette, la Semad créditait-elle le cybermarché d’une « valorisation nulle, étant donné les pertes d’exploitation sur les exercices 2003 et 2004 ». En 2000, aux plus belles heures de la bulle Internet, lorsque Casino et Monoprix avaient pris chacun 15% du capital, la valorisation de Télémarket atteignait 122 millions d’euros. Aujourd’hui, « Télémarket est une grande marque de la distribution, avec un savoir-faire exceptionnel », reconnaît Roland Courtas.
Alors que le e-commerce ne cesse de progresser (+65% en 2004 selon l’ACSEL), le modèle du supermarché en ligne peine à prendre son envol. Les trois autres grosses enseignes du secteur encore en activité, Houra, Ooshop, AuchanDirect, font guère mieux. D’autres, comme C-mescourses.com de Casino, ont fermé. D’une part, les prix de la livraison, en moyenne de 10 à 15 euros selon les enseignes, associés aux délais de livraison de 24 ou 48 heures, découragent nombre d’acheteurs et limitent le potentiel de clients. Et ce malgré les fréquentes réductions (la première livraison est par exemple gratuite chez Télémarket) et l’amélioration de la qualité du service. D’autre part, la gestion des stocks des 8000 produits disponibles à la commande pèse sur les coûts. Télémarket gère au quotidien plus de 1 200 commandes de produits en tout genre : épicerie, hygiène et beauté, boissons, produits frais et surgelés et même « petit électroménager ».

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