Adieu les smartphones ! En bon français, il faudra bientôt parler de « terminaux mobiles de poche ». De la causette au filoutage, retour sur dix ans de néologismes très difficilement acceptés.
La Commission de terminologie et de néologie ne se décourage pourtant pas. Malgré un désintérêt cuisant des Français pour ses créations, cette émanation du ministère de la Culture présentait lundi matin à la presse une nouvelle fournée de termes censés remplacer, en bon français, des expressions populaires empruntées à l’anglais. Ainsi, il conviendra par exemple de remplacer l’odieux « smartphone » par l’expression « terminal mobile de poche », qui entretient tout de même la confusion avec le simple téléphone mobile. De même, les nouveaux DVD de haute définition, Blu-ray ou HD DVD, seraient qualifiés de « disques numériques polyvalents ».
« Avec la prolifération des nouveaux termes technologiques, les menus sont de plus en plus copieux et l’urgence de plus en plus grande », souligne Jérôme Trollet, président de la commission qui planche spécifiquement sur la terminologie et les néologismes informatiques. Tous les ans, une cinquantaine d’équivalents sont ainsi décrétés. Mais la procédure, qui demande un passage devant l'Académie française, est longue. Sauf exception, il faut compter entre un an et un an et demi, ce qui laisse souvent le temps aux termes étrangers de s’implanter durablement.
Dès lors, les échecs abondent depuis la première fournée de termes francisés il y a dix ans. Le cookie n’a jamais cédé sa place au témoin de connexion ou au mouchard. L’arrosage reste plus couramment utilisé en jardinerie que pour évoquer le spam. La « causette » ayant échoué pour remplacer le chat, la commission retente sa chance cette année avec « dialogue en ligne ». Le tatouage numérique, jusque dans les rapports ministériels, est délaissé pour le watermarking. Le bloc-notes est quasi inexistant face au blog. Le canular n’évoque en rien le hoax. Même à deux contre un, le filoutage ou le hameçonnage ont perdu leur bataille contre le phishing. Quant à l’ASFI, qui saurait dire qu’il désigne « l’accès sans fil à Internet », autrement dit, le WiFi et le WiMAX ?
Il existe pourtant quelques exceptions. On parle ainsi volontiers de navigateur Internet plutôt que de browser, de pirate plutôt que de cracker, de moteur de recherche plutôt que de search engine. De même, le logiciel libre rivalise avec l’Open Source. Généralement, il s’agit d'ailleurs de termes ou d’expressions qui étaient déjà employés avant l’intervention de la commission dont le rôle, dans ce cas, s'est limité à celui d'une simple chambre d’enregistrement. En témoigne l’exemple de l’email. D’abord francisé en « Mél », le message électronique à la francaise a évolué peu à peu en « courriel » venu du Québec, plus populaire auprès des internautes.
Terminal mobile de poche = smartphone
Toile sémantique = semantic web
Logiciel libre = free / open source software
Diffusion générale = broadcasting
Filoutage ou hammeçonnage = phishing
Bloc-notes = blog
Causette ou dialogue en ligne = chat
Frimousse = smiley
Peer-to-peer = poste à poste
Baladodiffusion = podcasting
Gestion des droits numériques = DRM
Arroseur = spammer
Zone d'accès sans fil (ASFI) = hot spot
Lettre d'information = newsletter
Balise = tag
Fouineur = hacker
Module d'extension = plug-in

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Pfff... Quel interet de définir des mots pour remplacer des mots qui sont déja dans le language courant... Pourquoi remplacer Podcast par un mot plus long et qui n'a pas plus de sens ? Idem pour blog... pourquoi le remplacer par un mot qui perd tout le sens de la chose. Un bloc-notes est physique... un blog est lié au web. Rien à voir. Le pire est lorsque l'on perd le sens... balise = tag ? ... Pas vraiment. Lorsque l'on parle de taxonomie, tag correspond plutôt à mot clef. Balise étant plutôt la traduction de Markup... bref c'est ni fait ni à faire. Rendez nous nos impôts ! ;)
Ne mélangeons pas tout, SVP ! Il s'agit ici de disserter sur la "francisation" de termes anglais... pas sur l'utilisation ou le montant du budget de l'Etat ! Si, nous, français, étions capables de produire LES PREMIERS, et à moindre coût, tout ce qui est high-tech, on ne se poserait pas la question de la langue, puisque ce serait nous qui imposerions les termes aux autres... En attendant, certes, ça n'est pas le cas : il faut donc essayer de concilier apports de l'étranger et respect de notre belle langue française... Ce qui serait possible si on ne demandait pas seulement à des académiciens, dont la moyenne d'âge est très élevée, de statuer sur les nouveaux termes : ce sont les jeunes, plus avides de nouveautés, qui font certainement le plus évoluer la langue... Alors, pour une fois, demandons leur avis !!!
La personne qui a écrit l'article semble elle même inventer un nouveau mot pour désigner le portable, le mobile, ...et nous embarque dans un smartphone qu'elle est la seule à comprendre. Si même les gens de l'expansion nous embrouillent ! lol
Ne confondent t'ils pas smartphone et simple téléphone mobile, la désignation est tout à fait exacte, simplement il manque le mot avancé soit terminal mobile de poche avancé, ce qui représente bien les smartphones avec les fonctions push mail, wifi, application de bureautique tierce.
Une langue qui ne résiste pas meurt, et c'est tout à l'honneur du Québec d'avoir les premiers créé une équipe de terminologie qui suit l'actualité, alors que l'Acédémie prend tellement de recul... Il est d'autant plus difficile en France de lutter que les titres de films ne sont plus traduits, que nos médias sont truffés d'anglicismes jusqu'au snobisme, et qu'on a rendu l'anglais quasiment obligatoire à l'école primaire sans même en débattre à l'Assemblée nationale, comme la première république bananière venue. Et n'oubliez pas de payer vos impôts pour financer French 24, les infos en anglais, The Queen vous remerciera (peut-être) !
Vouloir obstinément tout traduire en termes académiques qui n'ont de sens que pour leurs auteurs est vaine. Une langue, fût-elle celle de Voltaire, doit vivre et évoluer en assimilant des termes "étrangers", simples d'usage et qui n'ont absolument rien de barbare.
On voit bien la logique libérale : supprimons les fonctionnairs qui ne servent à rien et qui coutent. Dans la même logique, supprimmons à l'école les enseignements de matières non productives. Le Quebec défend bec et ongles la langue française, et avec beaucoup de talent créatif (ce sont des fonctionnaires qui travaillent dessus !). Il est dommage que nous ne sachions pas en faire autant
Cette commission n'est qu'une part microscopique des bien trop nombreux fonctionnaires qui ne produisent que du vent et passent leur temps à agiter des dossier inutiles. Le seul point positif est que quand ceux-là se mettent en grève, on ne s'en aperçoit même pas... Je crois qu'on a là une piste pour réduire le budget de l'état.
Au secours ! Ils n'ont donc que cela à faire ! Et en plus, c'est avec l'argent de nos impôts ! Que d'énergie perdue à de telles sottises : on dirait les discours des curés des années 60 sur la nécessité d'arriver vierge au mariage. La langue française n'est pas une momie, elle doit se frotter à des amants étrangers, les enfants n'en seront que plus beaux !
Je pense que la majorité des personnes travaillant dans les médias ont une lourde part de responsabilité dans la lente dérive du français vers un sabir américanoïde (voyez l'état de la langue italienne malmenée par les journalistes transalpins). On est à l'évidence devant une situation pouvant s'interprêter comme un complexe d'infériorité puérilement dissimulé ; je copie la langue des plus forts -on me prendra pour l'un d'entre eux ,du moins je pourrai aisément faire illusion parmi mes compatriotes - car je crains par dessus tout leur mépris qui me fondrait anonymement avec ma culture d'origine que je suppose être tenue en dérision. C'est une petite lâcheté et une toute petite trahison.Z
Heu, ils nous coutent combien eux ? Pasqu'il faudrait désendetter l'état un peu... Autant commencer par le plus inutile.