Victime des divergences franco-allemandes sur son mode de financement, Galileo est à l’arrêt. La réunion des ministres des Transports de l’UE mardi est venu confirmer cette situation de crise. Une décision définitive est attendue en décembre.
Les réunions successives, à tous les échelons européens, n’y font décidément rien. Abandonné par le consortium d’industriels qui devait financer son déploiement, toujours en attente d’aides publiques supplémentaires, le projet Galileo est en panne. Mardi, les vingt-sept ministres des transports de l’UE se sont montrés à leur tour incapables de faire avancer le dossier, fixant simplement à la fin de l’année, lors du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement les 13 et 14 décembre, la prise de décision que l’on promet définitive.
Alors que les réticences pouvaient jusqu’à présent venir du Royaume-Uni, des Pays-Bas ou de la Suède, qui ne voyaient pas très bien l’utilité d’investir dans un coûteux système concurrent du GPS américain gratuit, le blocage intervient cette fois au cœur du couple franco-allemand. Très engagé, le ministre allemand des Transports a maintenu mardi une ligne dure, en s’opposant au projet de financement présenté par Bruxelles et soutenu par la France.
Car pour financer la mise en orbite des 30 satellites, la Commission européenne doit désormais trouver 2,4 milliards d’euros, en plus du milliard déjà déboursé. Pour cela, elle propose aux Etats membres de racler les fonds de tiroir, en puisant notamment 1,7 milliard d’euros en 2007, puis 500 millions en 2008, dans les fonds non utilisés de la PAC. Or, l’Allemagne est farouchement opposée à ces prélèvements, et milite plutôt pour un financement direct par les seuls gouvernements intéressés par Galileo, qui pourraient ensuite en faire bénéficier leurs industries respectives.
Si aucun accord n’est trouvé en décembre, qu’adviendra-t-il du projet Galileo ? Dans un communiqué, les ministres ont tout de même réaffirmé que Galileo était « un projet clef pour l’Union européenne », qui gagnerait ainsi son indépendance technologique sur le GPS américain et mènerait à la création de dizaines de milliers d’emplois. Pourtant, il y a urgence. Prévue pour 2010 puis 2012, la pleine exploitation du système de géo-localisation n’est plus attendue qu’en 2013. Or, c’est à cette date que les Etats-Unis devraient eux aussi déployer leur version modernisée du GPS, plus précise et plus fiable.

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