Assailli par les majors, ébranlé par la décision de la Cour suprême américaine, le "peer-to-peer" se cherche un avenir. Tour à tour, deux services se sont associés avec Sony BMG pour légaliser la diffusion des morceaux sur leurs réseaux, achetés à l'unité sur le modèle d'iTunes.
Le « peer-to-peer » entame sa reconversion. Lundi, les responsables de l'application iMesh, ont conclu un partenariat avec Sony BMG pour diffuser légalement, sur leur réseau, les artistes de la major du disque. Des morceaux d'Avril Lavigne, de Shakira ou de Bob Dylan pourront ainsi être partagés sans infraction du copyright sur ce service qui fut, un temps, l'un des concurrents les plus actifs de KaZaA. Seulement, en contrepartie, il faudra dorénavant payer pour télécharger. Soit à la carte, soit par abonnement. En clair, c'est le modèle de la musique en ligne popularisé par iTunes qui se retrouve appliqué au « peer-to-peer », avec l'avantage pour l'utilisateur de pouvoir écouter les chansons en entier avant l'achat. Il y a deux semaines, Sony BMG avait conclu un accord similaire avec Mashboxx pour vendre des chansons 99 cents. Ce service de « peer-to-peer » encore en développement collabore étroitement avec Snocap, société créée par l'inventeur de Napster, pour comptabiliser les téléchargements et gérer les droits des titres protégés par copyright. Signe que le « peer-to-peer » légal a la cote, les quatre majors du disque sont déjà partenaires de Snocap, auquel elles fournissent des descriptions de leur catalogue.
Lesdeux partenariats de Sony BMG font directement suite au jugement de la Cour suprême américaine qui, le 27 juin, a ouvert la voie à la condamnation des développeurs de sites de « peer-to-peer ». La plus haute juridiction des Etats-Unis a reproché à Grokster et Morpheus de s'être développé grâce au piratage, en vendant notamment des espaces publicitaires sur leurs logiciels. Le message est clair. Si elles veulent continuer à profiter de l'engouement pour le « peer-to-peer » sans risquer de procès, ces mêmes sociétés devront désormais apprendre à collaborer avec les majors en filtrant le contenu piraté tout en s'ouvrant à l'achat légal. Au risque de nuire à la diversité du contenu, l'un des atouts du « peer-to-peer ». Pour autant, cette reconversion ne concerne pour l'heure que les services qui font une exploitation commerciale de leur réseau. BitTorrent ou eMule, parmi les technologies qui rencontrent le plus important succès aujourd'hui, sont des logiciels gratuits et issus du monde libre. Ce qui les protègent, pour l'heure, de ce type d'argumentaire.

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