
Denis Ladegaillerie, le fondateur de la maison de disques numérique Believe prédit la disparition du marché du CD physique d'ici deux à trois ans. Patricia Kaas, Soko ou les Fatal Picards ont signé avec lui pour assurer leur diffusion numérique. Interview.
Le dernier Midem l'a confirmé. Sur le marché de la musique, les artistes sont de plus en plus nombreux s'écarter des majors. Pour se tourner vers une nouvelle génération d'acteurs à l'instar de Believe. Patricia Kaas, MC Solar mais aussi Barbara Hendricks, Bob Sinclar, Soko, ou Les Fatals Picards ont opté pour cette maison de disques où les CD ont disparu. Et où les distributeurs s'appellent iTunes, Rhapsody, Napster, T-Online, MusicMe ou Deezer. Pour Denis Ladegaillery, fondateur et président de Believe, la distribution numérique permet d'amener des titres en développement au top des ventes de façon beaucoup plus rapide. Entretien.
Nous sommes une maison de disques numérique. Nous faisons la même chose qu'Universal, EMI ou Warner sauf que nous ne fabriquons et ne distribuons pas de CD. De toute façon, dans deux ou trois ans, le marché des CD physiques aura totalement disparu. Nous développons des artistes, puis nous les distribuons à travers différents services de téléchargement ou d'abonnement (iTunes, Napster, MusicMe, Rhapsody, Deezer, Amazon,...). Nous disposons d'équipes qui assurent leur promotion et leur suivi marketing dans tous les pays où nous nous trouvons.
Domaine d'activité : maison de disques numérique
Année de création : 2005
Effectifs : 45 personnes (France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Etats-Unis)
Dirigeant et fondateur : Denis Ladegaillerie
Capital : 222 860euros
Levée(s) de fonds : 2Meuros en octobre 2007 (XAnge) et 4Meuros en septembre 2008 (XAnge/Ventech)
Actionnaire(s) : Denis Ladegaillerie / XAnge, Ventech, FastNet Investissement
Chiffre d'affaires 2008 : 6Meuros
Concurrents : Universal, Warner, Sony, EMIddd
Clairement. Nous sommes là pour signer des contrats avec les artistes. Et la grosse différence avec elles, c'est que nous n'avons pas à gérer la décroissance du marché physique !
Aujourd'hui, grâce au numérique, tous les artistes quel que soit leur niveau de développement ont la possibilité de se produire eux-mêmes pour des coûts bien moins élevés que s'ils utilisaient les services et les infrastructures d'une Major. Pour autant, ils ne peuvent, par eux-mêmes, avoir accès aux grands médias vidéos comme Yahoo, MSN, Dailymotion, YouTube ou aux sites de téléchargement. C'est aussi ce que nous leur permettons. Un autre point différenciant porte sur le coût du CD, extrêmement élevé. En numérique, une fois la technologie installée, un fichier peut être disponible partout dans le monde en un clin d'oeil et pour un coût dérisoire. L'économie logistique est énorme. Ensuite, on peut disposer d'un contact direct avec l'audience, on peut suivre précisément l'évolution des ventes, décider d'acheter de la publicité. In fine, on économise beaucoup d'argent qui, du coup, peut se retrouver dans la poche de l'artiste.
Ce système leur est beaucoup plus favorable. Il faut tordre le cou à l'idée que les artistes sont moins rémunérés par le modèle numérique. À l'exception des services financés par la publicité où la rémunération est nettement plus faible, les services par téléchargement ou abonnement comme MusicMe, Napster ou Rhapsody leur proposent une alternative intéressante. Un morceau est vendu en téléchargement 99 centimes d'euros sur iTunes. Sur ce montant, Believe perçoit 71 centimes, soit plus de 70% du prix de vente, et nous en reversons 70% à l'artiste. In fine, celui-ci touche donc plus de 50% du prix de vente initial. Dans une maison de disques classique, s'il est sous contrat, il obtient un taux de rémunération de 12% du prix de vente de l'album auquel sont appliqués différents abattements. Dans certains cas, ce qu'il touche ne dépasse pas 5% du prix de vente !

En 2 ans, Soko a vendu 50.000 albums, 270.000 titres à l'unité et perçu 100.000 euros de royalties.
Prenons l'exemple de Soko. Elle a signé il y a deux ans chez nous. Elle a vendu depuis un total de 50 000 albums et 270 000 titres à l'unité en téléchargement ou en écoute. Pour cette exploitation, elle a perçu 100 000 euros de royalties. À titre de comparaison, l'un des plus gros artistes sur le marché français, sous contrat avec une des quatre majors a perçu 90 000 euros pour 200 000 albums vendus.
En France, il représente 15% des ventes totales, soit un album sur 6. Ce chiffre varie toutefois en fonction des courants musicaux. Dans le monde, un album sur trois est vendu en numérique. Aux Etats-Unis, ce chiffre oscille déjà entre 50 et 75%. Un artiste français vend en moyenne dans le monde 40% de sa musique en numérique.
Oui, absolument. Mais ce n'est pas parce qu'il n'y aura plus de DRM que les prix vont augmenter. Apple a tenu ce discours, forcé par les majors. Il est vrai que ce sont les premiers acteurs bloquants sur ce marché !

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ok mais diffusez de la qualité .... du flac 24/96 plutot que du MP3 128kbs moisi!!
Dans 10 ans Believe rachètera Universal pour une poignée de figues...
Enfin une vision claire qui arrete de protéger les majors au nom des artistes. Merci. Si les maisons de disques françaises ne veukent pas s'adapter sur ce genre de modèle, d'autres prendront le pas.
Enfin quelqu'un qui a compris l'enjeu du numérique et ne se braque pas face à Internet