La Russie accélère le lancement de son système de navigation par satellite. Glonass pourrait être réactivé avant Galileo. Vladimir Poutine cherche à assurer l'indépendance technologique de son pays vis-à-vis du GPS américain.
La Russie n'a pas enterré ses rêves de grandeur. Exaltant l'indépendance technologique de son pays, Vladimir Poutine vient de donner un coup d'accélérateur à la réactivation de Glonass, le frère ennemi du GPS. Imaginé lui aussi dans les années 1980, un temps opérationnel dans les années 1990, ce système de navigation par satellite a connu une exploitation chaotique, souffrant de trop faibles moyens. Seulement, aujourd'hui, la donne a changé. La Russie n'a pas échappé à la vogue pour la géo-localisation, dans les transports, les secours, et dernièrement les loisirs. Or, le GPS, toujours sous contrôle de l'armée américaine, a mauvaise image. Comme l'Europe avec Galileo, et la Chine avec Beidou, les Russes cherchent donc à assurer leur autonomie, en cas de crise.
A voir les dernières déclarations du président ou de son vice-Premier ministre Sergueï Ivanov, la Russie pourrait y arriver bien plus vite que prévu. Là où le projet européen s'embourbe dans des rivalités entre acteurs publics et privés qui retardent la mise en service à 2012, la ligne établie par Vladimir Poutine ne souffre d'aucune contestation. Si le calendrier est respecté, Glonass entrera en service dès la fin de cette année et couvrira la Russie et quelques territoires limitrophes. Puis, entre 2009 et 2011, il devrait être accessible depuis n'importe quel point du monde. Pour cela, la Russie doit constituer un réseau de 18 à 24 satellites. Actuellement, elle en compte 19 dans le ciel, dont seulement 7 sont en activité, les autres étant généralement trop vétustes. En 2007, au moins huit nouveaux satellites devraient être mis sur orbite.
Pour se différencier du GPS hors de ses terres, Glonass comptera sur sa plus grande précision, au mètre près. « Le réseau doit être irréprochable, meilleur que le GPS et moins cher, si nous voulons que les clients choisissent Glonass », a fixé Vladimir Poutine. Le système russe dispose déjà de cinq stations au sol pour renforcer son maillage, dont la principale près de Moscou. Cependant, plutôt que de se livrer à une concurrence frontale, les différents systèmes pourraient aussi cohabiter, dans des terminaux universels. La semaine dernière, la Russie a annoncé qu'elle développerait un émetteur-récepteur compatible avec les normes européennes et américaines.

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