L'identification par radio fréquence ou RFID ne se pose pas seulement en successeur du code barre. Ses applications sont en fait multiples. Et la France apparaît très bien placée dans cette technologie qui semble partie pour conquérir le monde.
Quel est le point commun entre une banque hollandaise, un hôpital marseillais et un éleveur de bovin américain ? Tous trois ont recours à la technologie RFID : la banque pour sécuriser les transports de fonds, l'hôpital pour tracer les éprouvettes, et l'éleveur pour repérer les vaches ayant été en contact avec un animal malade. Depuis quelques années, l'identification par radio-fréquence s'impose dans pratiquement tous les domaines. Cela a commencé, assez discrètement, par le transport, avec des cartes sans contact autorisant le franchissement des péages d'autoroute, des portillons du métro parisien ou les portes de certaines entreprises. Mais la technologie RFID est aujourd'hui en passe d'envahir la grande distribution, la banque, et toutes les industries où l'on a besoin de tracer des produits, de gérer des stocks et des flux de marchandises — construction automobile, pharmacie, etc.
Le fonctionnement de ces étiquettes « intelligentes » repose pourtant sur un principe d'électromagnétisme connu depuis des siècles. Elles sont constitués d'une puce électronique reliée à un serpentin de cuivre, posé sur un support de papier ou de plastique. Exposé à un champ magnétique, cette bobine de cuivre produit un courant qui active la puce. Celle-ci peut alors délivrer de l'information, mais aussi en recevoir — contrairement à un code barre. Traçabilité, gestion des stocks, identification des personnes : les applications de la technologie RFID sont d'autant plus nombreuses que ces étiquettes ne coûtent que quelques centimes d'euros. VeriChip, une société américaine, commercialise ainsi des puces RFID destinées à être injectées sous la peau : elles sont utilisées par des fonctionnaires de police mexicains pour sécuriser l'accès à certain locaux, par une discothèque de Barcelone pour permettre à ses habitués de régler leur consommation sans sortir leur porte-feuille, et pourraient encore servir de carnet de santé !
Lasociété d'études In-Stat évalue le marché à 2,8 milliards de dollars en 2009. D'autres analystes, plus optimistes, estiment qu'il dépassera 7 milliards dès 2008. La France, pays de la carte à puce, a sans doute une carte à jouer dans cette révolution : plusieurs entreprises ont déjà pris position sur ce marché, notamment dans la région Provence Alpes Côtes d'Azur, qui vient d'être retenue comme pôle de compétitivité pour les « solutions communicantes sécurisées ». L'une d'elle, ASK, qui fabrique les passeports Navigo de la RATP, est notamment en lice pour fournir la technologie des futurs passeports délivrés par le gouvernement américains.

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