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La machine à faire condamner les pirates tombe sur un os

Benjamin Ferran -  21/12/2006 14:40:00  - L'Expansion.com 
 
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Poursuivi pour piratage, un internaute a été relaxé suite à une faute de procédure. La collecte de données personnelles n'était pas autorisée par la CNIL. D'autres dossiers pourraient connaître le même verdict. Ce que contestent les sociétés de producteurs.

Les quelque 200 internautes actuellement poursuivis pour piratage peuvent reprendre espoir. Le 14 décembre, le tribunal correctionnel de Bobigny a relaxé l'un d'entre eux accusé d'avoir mis à disposition illégalement 12.000 fichiers sur les réseaux de « peer-to-peer ». Un non lieu qui est une première. En cause : la façon dont ont été recueillies les données qui ont permis d'identifier le pirate présumé. « Depuis une loi du 6 août 2004, les agents assermentés des sociétés de gestion collective sont autorisés, sous certaines conditions, à collecter et traiter des données à caractère personnelles sur les internautes », reconnaît dans un communiqué l'Association des Audionautes (ADA), qui soutient les internautes poursuivis. « Mais pour ce faire, ils doivent impérativement obtenir une autorisation de la CNIL ». Or, l'autorisation délivrée à l'ensemble de l'industrie du jeu vidéo n'a jamais été étendue aux producteurs de musique. Résultat, « la plupart des procédures engagées vont au fur et à mesure tomber », prévoit déjà Aziz Ridouan, président de l'ADA.

L'industrie du disque ne l'entend évidemment pas de cette oreille. Dans un communiqué, la SCPP rappelle que « cette décision, qui n'est pas définitive et pour laquelle le Parquet de Bobigny a interjeté appel […], ne constitue pas une jurisprudence, mais est un cas isolé ». Autrement dit, même si le jugement n'est pas inversé, ce sont les six décisions précédentes allant dans son sens qui feront jurisprudence. En fait, la Sacem et la SCPP se défendent en affirmant qu'elles n'ont pas procédé à des traitements automatisés, mais se sont contentées d'utiliser les logiciels de « peer-to-peer » et de noter les adresses IP. Le 8 décembre 2005, le Tribunal de grande instance de Paris a ainsi jugé « que l'adresse IP du prévenu n'a été recueillie que dans le but de permettre la mise à disposition de l'autorité de ces informations et n'a acquis de caractère nominatif que dans le cas d'une procédure judiciaire. Que les éléments de preuve ont donc été régulièrement recueillis ». Bref, les internautes se retrouvent écartelés entre deux décisions contradictoires.

Dans cet imbroglio, la position de la CNIL pourra se révéler cruciale. La commission est venue témoigner auprès du Tribunal de Bobigny pour confirmer qu'elle n'avait pas donné son accord à une surveillance des internautes. « C'est un refus définitif et il n'y a pas de redémarrage en vue », juge Jean-Philippe Hugot, qui défend plusieurs internautes. « Son intervention au procès montre bien que les relations avec les ayants-droits sont tendues ». L'avocat rejette d'ailleurs l'argument de la SCPP sur le recueil manuel des données. « Manuellement ou pas, un fichier est un fichier. Le simple fait de relever des données personnelles sans l'autorisation de la CNIL et de les relier à une infraction est illégal », juge-t-il. Autrement dit, « la Sacem peut constater que des fichiers sur Internet lui appartiennent puis saisir les autorités de police », mais rien de plus. Si elle enfreint ces règles, les internautes pourraient d'ailleurs se retourner contre elle pour invasion de la vie privée, passible de cinq ans de prison et de 500.000 euros d'amende, davantage que pour le piratage. « Nous ne les encourageons pas mais nous les assisterons », annonce Aziz Ridouan.

 
Commentaires - (5)
Jellige 7/7/2007 Recommander 0

Déjà au moyen-âge existaient les chansons de geste.Aujourd'hui les rappeurs ! Mais ce ne sont que des mots accompagnés de bruit. Pourquoi ne pas dire que C.Dion chante ? Elle vocalise ! En belgique il n'y a pas de royalties sur le CD vierge et il faut bien trouver le moyen de taxer les gens. Je me souviens de l'époque où on piquait sur des cassettes les tubes à la radio, et des types ont quand même fait des fortunes !Où est la différence ? Quantité a remplacé qualité et Télé-crétin et autres majors engrangent tout ce qu'ils peuvent via les étoiles filantes, leur tranche de vie et les decibels pour la voiture. Le talent c'est pour quand ? C'est navrant de vivre la mode uniforme. Surtout ne pas être autrement que les autres ! Beurk

guillaume 6/1/2007 Recommander 0

il n'y a que les incultes et les pourfendeurs d'un vain idéal de jouissance illimitée sans appréciation aucune de l'art pour se satisfaire de cette décision. les mêmes qui parlent de partage de l'art et culture pour tous ne connaissent rien à la musique et règlent un vieux compte avec les artistes et l'industrie musicales et allez disons le; avec le capitalisme. sous pretexte de libéraliser la culture on embrigade des jeunes qui ne veulent pas payer 9 euros un album mais payent 3 euros une sonnerie. ou est la logique? que l'on laisse les connaisseurs de musique payer leur musique et que tous les vieux altermondialiste en mal de luttes prennent leur guitare et jouent gratos devant le métro. la musique c'est du serieux c'est pas fun ce n'est ps gratuit ca se paye ca s'ecoute ca, hélas de cette terminaison droitière, se mérite

hassine 22/12/2006 Recommander 0

c'est maintenant la sacem qui fait la police et qui remet aux juges!!! dans un monde normal, ça équivaut à un gamin qui vole dans un supermarché, le supermarché emmène le mome chez le juge directement sans passer par la police. Tant qu'ils y sont, pourquoi la sacem ne fait pas un rapport de police?

denis 22/12/2006 Recommander 0

Il y à quelques mois je portai plainte pour harcellement moral au près de la gendarmerie de ma commune. Après une enquète bien menée, il en résulte que les messages de harcellement étaient envoyés depuis mon propre ordinateur. Donc de victime nous somme passé coupable. A l'heure où j'écris cet article le vrai pirate n'est toujours pas démasqué.

yejele 21/12/2006 Recommander 0

voilà une bonne nouvelle en guise d'étrennes de fin d'année .Le respect de la vie privée n'est pas à sens unique .La Sacem devra s'y prendre autrement dans son combat pour la défense des "majors" et de ses prébendes.

 
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