
La crise économique douche les espoirs de financement, écrit le fondateur de TechCrunch, qui déclare la mort du web 2.0. Sequoia Capital invite ses start-ups à réduire la voilure. Netvibes et Dailymotion figurent sur une liste de sociétés menacées.
« Adieu, web 2.0. » Dans son premier billet de la journée, publié tôt vendredi matin, Michael Arrington ne fait pas dans la demi-mesure. Selon le fondateur de TechCrunch, ce blog qui fait la pluie et le beau temps dans la Silicon Valley, la crise économique marque indiscutablement la fin d’une époque, celle de « l’argent facile ». Les start-ups qui ont déjà trouvé un financement, explique-t-il, vont devoir se serrer la ceinture. Quant aux plus jeunes sociétés, elles devraient avoir bien du mal à trouver un financement pendant quelques temps.
« Les temps sont durs, les décisions aussi », titre vendredi le fondateur de Seesmic, ex-blogueur star, pour justifier la suppression de 7 emplois sur 15 au sein de sa société de vidéo en ligne.
L’oracle Arrington s’appuie en fait sur les récents avertissements d’investisseurs, qui ont enjoint leurs start-ups à dépenser avec parcimonie. Mardi, Sequoia Capital, connu pour ses prises de participation éclairées dans Google, Yahoo, YouTube ou encore PayPal, a réuni une centaine de PDG pour leur faire part de ses inquiétudes. Le but n’était pas de dire que le secteur courrait à la catastrophe, mais que le bon temps était maintenant révolu, et la période de morosité appelée à se prolonger peut-être pendant plusieurs années, décode VentureBeat.
Sur CNet, Rafe Needleman dresse la liste de onze sociétés majeures menacées faute de modèle économiques performant.
Parmi elles, Netvibes. Les groupes de médias, clients payants du service, risquent en effet de revoir leurs investissements à la baisse.
Dailymotion ne serait pas non plus épargné, lui qui ne parvient pas à compenser avec la publicité ses coûts de fonctionnement.
Noir sur blanc, dans la présentation mise en ligne par la suite (voir ci-dessous), Sequoia juge « les économies sont indispensables » et encourage les sociétés à réévaluer les salaires à se mettre rapidement à l’équilibre. Les budgets de communication pourraient en faire les frais. De plus, il ne faut pas espérer s’en sortir avec des mises en bourse, qui seront plus rares que jamais. Au contraire, les start-ups vont devoir faire profil bas, ne conserver que les produits les plus importants, supprimer ce qui ne fonctionne pas et être certaines de leur modèle économique. « Dépensez chaque dollar comme si c’était le dernier », recommande Sequoia Capital.
Durant cette période de turbulences, comme lors de l’éclatement de la bulle au début des années 2000, seules les plus solides survivront. La purge était « indispensable », estime le blogueur de TechCrunch. Tout n’est bien sûr pas à jeter dans le web 2.0. Entre 2004 et 2008, internet a profondément évolué, grâce notamment au contenu généré par l’utilisateur. Les applications en ligne sont devenues aussi complètes que les logiciels traditionnels. La publicité a fait un bond en avant grâce au ciblage. C’est aussi à cette époque que sont nés les réseaux sociaux qui nous accompagneront toute notre vie. « Il y a encore beaucoup à faire », conclut Michael Arrington.

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