Les noms de domaines Internet se vendent de nouveau à des prix élevés. Si l'on n'a pas retouvé le niveau des années "bulle", certaines sont achetés plusieurs centaines de milliers de dollars.
Si les prix de vente des noms de domaines sur Internet n’atteignent pas les niveaux atteint pendant la bulle Internet, ce marché a connu un revirement positif en 2003, selon le New York Times. En effet, des noms comme Smoking.com, Mr.com et Americans.com ont été vendus respectivement pour 500.000, 350.000 et 150.000 dollars (400.000, 280.000 et 120.000 euros). Il y a un an, «ils se seraient vendus pour 20 000 dollars» a expliqué Ben Turner, vice-président de Verisign, la société qui gère les noms en .com et .net dans le monde. Le plus grand bénéficiaire de ce retour à la mode de l’achat de noms de domaines sur la toile est Dan Parisi, l’heureux propriétaire de l’appellation Whitehouse.com, qui est en réalité une page de re-direction vers le site pornographique WhitehouseSex.com. Mis en vente le mois dernier sur le marché, il a reçu pour son adresse électronique des offres allant jusqu’à deux millions de dollars (1,6 million d’euros).
Malgré cet engouement, Verisign, qui gère plus de 30 millions de noms de domaines à travers le monde, n’est toujours pas rentable. Le groupe a accusé une perte de 250 millions de dollars en 2003 (200 millions d’euros) et cherche donc de nouvelles sources de revenus. Cependant, le groupe s’estime lésé par une décision de l’ICANN, le régulateur des noms de domaines sur Internet, et a porté plainte contre lui. En octobre dernier, l’ICANN a obligé Verisign a fermer Sitefinder.com, un site Internet vers lequel étaient redirigées les internautes ayant mal orthographié l’adresse de la page désirée ou entré une adresse inexistante. Pour l’ICANN, Verisign récupérait indûment du trafic et des informations sur les internautes, ainsi qu’il bénéficiait de rentrées d’argent dues aux publicités vendues sur le site. Verisign a donc porté plainte contre le régulateur auprès de la cour fédérale de Californie. Le groupe estime que l'ICANN a outrepassé ses compétences et son contrat en s'ingérant dans ses affaires. Il estime que l'ICANN s'est de facto positionné comme le régulateur des noms de domaines sur la toile, privant ainsi les utilisateurs du réseau de l'introduction de nouveaux services qui leurs sont bénéfiques. Verisign demande une injonction du juge stipulant que l'ICANN doit la traiter de "façon juste, raisonnable et équitable", et réclame des dommages et intérêts. Au total, un dossier de 43 pages qui accuse l'ICANN de rupture de contrat et de violation de la réglementation antitrust. L'ICANN s'est déclaré déçue que Verisign ait préféré "une nouvelle fois la confrontation au consensus".

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