Après de nombreuses années de test, l'Internet sur réseau électrique est enfin devenu réalité en version commerciale. Et c'est à la petite ville de La Haye du Puits que revient cette première. Comptez 25 euros par mois pour 1 megabits et de la téléphonie IP.
Dans la panoplie des technologies d'accès Internet, voici venir les courants porteurs en ligne (CPL). Autrement dit, le haut débit par la prise électrique. Longtemps testé mais jamais validé en raison d'insuffisances techniques, le système utilise les pylones EDF pour porter de la fibre optique et les fils électriques basse tension pour atteindre chaque domicile. L'équivalent parfait de la boucle locale de France Télécom. Sauf que là, on branche son modem sur la prise électrique et pas sur celle du téléphone. Les données transitent sur une fréquence différente que l'alimentation électrique proprement dite. Et apparemment, on a réglé les derniers problèmes techniques, de brouillage notamment. L'ART a donné son feu vert mercredi et le ministre délégué à l'Industrie, Patrick Devedjian, s'est déplacé vendredi à La Haye du Puits, petite ville de 2000 habitants située dans le déprtement de la Manche, pour lancer la première offre commerciale.
Si ce déploiement est dû à une initiative du département de la Manche, et que les tests ont été effectués en collaboration avec la filiale réseau d'EDF, RTE, c'est une entreprise privée, Infosat ICPS, qui a été chargée de commercialiser l'offre. L'accès Internet à 1 Mbits/seconde est facturé 24,90 euros par mois avec possibilité de téléphoner par Internet pour 5 euros de plus (correspondant à un forfait de 10 heures de communications locales et nationales). L'offre, qui vise un vivier de 350 clients potentiels, implique un engagement de 6 mois d'abonnement et des frais de résiliation élevés de 100 euros. "Complémentaires" des autres technologies d'accès à l'internet haut débit, les CPL ne vont pas remplacer l'ADSL qui "reste le principal vecteur de déploiement du haut débit", a assuré M. Devedjian. Ils présentent des "coûts particulièrement faibles, a-t-il souligné, ce qui les rend particulièrement intéressants pour les régions à population peu dense". D'autres technologies sont pareillement envisagées pour réduire les "zones blanches" de l'Internet. A commencer par les technologies radio, le Wi-Fi, mais aussi le futur Wi-Max, pour lequel le ministre a récemment indiqué qu'il faudrait accélérer la distribution des fréquences.
Enfin M. Devedjian a rappelé que les collectivités peuvent, au terme de la loi du 21 juin 2004, devenir opérateur et exploiter un réseau de télécommunications. Il a aussi souligné qu'elles étaient le plus souvent propriétaires du réseau électrique de leur commune. Sur le rôle d'EDF, le ministre a enfin tenu à préciser qu'il ne "souhaite pas qu'EDF exerce elle-même des activités d'opérateur télécom". Il a appelé à "une séparation claire" entre les activités de distribution d'énergie et de communication. RTE n'en a pas moins annoncé sa volonté de déployer 15.000 kilomètres de fibres optiques sur son réseau d'ici 2009. Soit un investissement de 270 millions d'euros.

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