La police israélienne démantèle un vaste réseau d'espionnage industriel. Un logiciel espion était installé dans une soixantaine de sociétés du pays par des compagnies concurrentes. L'affaire menace les investissements étrangers, selon le gouverneur de la Banque d'Israël.
C’est le plus important scandale d’espionnage industriel de l’histoire d’Israël. Et une affaire dont les ramifications s’étendent jusqu’en Europe et aux Etats-Unis. A l’origine, un logiciel espion, de type « cheval de Troie ». Conçue par Michael Heprati, israélien de 41 exilé en Angleterre, l’application est installée sur les postes de dizaines de sociétés installées en Israël. Les commanditaires, qui recourent aux services de détectives privés, sont des hauts dirigeants d’entreprises du pays, trop curieux de découvrir ce qui est stocké sur les disques durs des ordinateurs de leurs concurrents. Sont ainsi accusées d'espionnage les compagnies de télévision par satellite Yes, de téléphonie mobile Cell-Com et Pelephone, ainsi que Mayers cars and trucks, l'importateur en Israël des voitures Volvo, Jaguar et Honda. Mardi, plusieurs de ces responsables étaient interrogés par la police de Tel Aviv, en attendant qu’Israël obtienne l’extradition du développeur du logiciel.
Ron Moskovitz, directeur financier d’Amdocs, a reconnu que sa société, fleuron de la high-tech locale qui emploie plus de 10.000 personnes dans le monde, cotée à New York, avait engagé des enquêteurs privés pour circonscrire les fuites d’informations à la presse. La société est soupçonnée d’avoir espionné l’ordinateur d’un journaliste de Globes, qui suivait son secteur. Le cheval de Troie, à la diffusion confidentielle, n’était pas détecté par les outils anti-spyware traditionnels, tandis que les informations volées étaient transférés sur des serveurs hébergés en Israël, en Angleterre, en Allemagne ou aux Etats-Unis. Au-delà des précisions techniques, qui font désormais du cheval de Troie l’arme privilégiée de l’espionnage industriel, c’est l’économie israélienne qui se retrouve ébranlée par l’affaire. Le gouverneur de la Banque d’Israël, Stanley Fischer, estime ainsi que ce scandale portait atteinte « à l’atmosphère des affaires et risque d’influer négativement sur les investissements étrangers ».

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