Plombé par sa filiale déficitaire Qimonda, Infineon a annoncé vendredi une lourde perte trimestrielle et surtout la suppression de 3000 emplois, soit un dixième de ses effectifs. « La suppression de 3000 emplois est inévitable, elle touchera tous les sites, toutes les fonctions et tous les échelons hiérarchiques », selon un communiqué. Les deux tiers des postes sacrifiés le seront en Allemagne, et des licenciements secs ne sont pas exclus, a précisé le nouveau patron d'Infineon Peter Bauer, lors d'une conférence téléphonique.
Le plan social s'inscrit dans le cadre d'un programme qui doit permettre au fabricant allemand de semi-conducteurs d'économiser 200 millions d'euros par an. Werner Neugebauer, le dirigeant du syndicat IG Metall, a immédiatement déploré « une suite sans fin d'erreurs de direction ». « Et c'est une nouvelle fois aux salariés d'en subir les conséquences », a-t-il ajouté. Infineon emploie 30.000 personnes en propre, plus quelque 13.000 au sein du fabricant de mémoires informatiques Qimonda, qu'il détient à 77,5% et qu'il veut vendre.
Peter Bauer, en poste depuis le 1er juin, veut achever les suppressions d'emplois au plus tard à la fin du prochain exercice fiscal, fin septembre 2009. Il a aussi répété qu'il voulait « céder le contrôle de Qimonda d'ici notre assemblée générale en février prochain » et que cette cession « restait une priorité ». Il a en revanche démenti les rumeurs selon lesquelles Infineon lui-même serait candidat à une fusion. Le groupe a perdu 592 millions d'euros d'avril à fin juin, , après une perte de déjà 1,37 milliard d'euros sur le trimestre précédent.

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