Google lance Checkout, sa solution destinée à faciliter le paiement sur les sites de commerce électronique. Evitant la concurrence frontale avec Paypal, Checkout est plus qu'un simple moyen de diversifier ses revenus.
Chercher, trouver, acheter : Google vient de compléter son triptyque en lançant jeudi son très attendu système de paiement électronique. Baptisé Checkout, il s'adresse pour l'instant uniquement aux sites de commerce en ligne professionnels. Mais contrairement à Paypal, leader du paiement en ligne, les internautes ne pourront pas l'utiliser pour régler des achats entre eux, comme c'est aujourd'hui le cas sur eBay ou d'autres sites de commerce entre particuliers. Limité pour l'instant aux e-commerçants américains, Google prévoit de le rendre disponible au niveau international, mais sans donner de date.
Pour convaincre les commerçants en ligne d'utiliser Checkout, Google avance deux arguments. D'abord, une grande facilité d'utilisation pour les internautes. Une fois leur compte Checkout créé, avec toutes les données nécessaires pour acheter et se faire livrer, ces derniers n'auront plus par la suite qu'à entrer un identifiant et un mot de passe pour finaliser une transaction. Et ce sur tous les sites utilisateurs du système via un petit picto en forme de chariot. Reste que Google n'est pas le premier à proposer une telle "simplicité". D'où l'autre argument, plus agressif : le tarif proposé au site utilisateur (Levi's, Jockey et Buy.com sont parmi les premiers convertis).
D'après le New York Times, Google facturera 20 cents plus 2% du prix de la transaction, quand les grands établissements de crédit, type Mastercard ou Visa prélèvent 30 cents et 1,95% du prix. Ce qui serait aussi un peu moins cher que Paypal. Google espèrerait en fait se rattraper sur le volume de transactions. Le moteur pourrait même être plus généreux avec ses clients acheteurs de liens sponsorisés : pour chaque dollar investi en publicité, il renoncerait à une partie de sa commission. L'objectif du package étant évidemment aussi d'attirer plus de publicité. Google vante aussi la rapidité : "Le but est de faire qu'il ne s'écoule qu'une nanoseconde entre le moment où le client décide d'acheter et celui où la transaction est acceptée" a résumé Eric Schmidt, le directeur général de Google. CheckOut autorisera les achats avec les cartes Visa, Mastercard, American Express et la carte bancaire du groupe Morgan Stanley.
Google a donc choisi pour l'instant de ne pas se placer en concurrent direct de Paypal qui revendique 105 millions de comptes d'utilisateurs. Avec Checkout, le moteur de recherche diversifiera légèrement ses revenus, basés aujourd'hui à 97% sur la publicité. Le potentiel peut être important : Paypal, véritable machine à cash, génère près d'un quart du chiffre d'affaires de sa maison mère Ebay. Selon le Wall Street Journal, qui cite des chiffres de Celent, en 2006, le paiement par carte devrait représenter 55,8% des transactions, les débits différés 30,1% et Paypal 11,3%. Mais Google espère en tirer un avantage beaucoup plus grand : se construire une solide base de données sur l'e-commerce et les habitudes de consommation des internautes. Le client intéressé sera en effet invité à créer un compte personnel, avec nom d'utilisateur et mot de passe, et à laisser des données personnelles. A terme, Google pourrait donc proposer des publicités encore plus ciblées, et aider l'annonceur a choisir plus précisemment quelle publicité montrer à quel client. Même si Google assure qu'il ne prévoit pas pour l'instant d'utiliser les données de transaction dans ce but.

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