Rich Miner, cocréateur de Android, confirme à ZDNet.fr que les constructeurs et opérateurs de la plate-forme mobile auront le choix de ne pas utiliser les applications Google. Et que les développeurs indépendants pourront y proposer leurs programmes.
Google a levé le voile hier sur sa plate-forme logicielle pour mobile, baptisée Android, qui sera disponible en open source. Pour en assurer le développement et la distribution, le moteur de recherche est parvenu à rallier trente-trois opérateurs mobiles, fabricants de combinés ou de composants au sein de l'Open Alliance Handset.
Depuis l'été dernier, cette annonce avait fait l'objet de nombreuses rumeurs spéculant notamment sur la sortie d'un téléphone estampillé Google. Interrogé sur cette question, Eric Schmidt, le patron du moteur de recherche a botté en touche : « S'il devait y avoir un Google Phone, Android serait une excellente plate-forme à utiliser. »
L'ambition de la société internet va plus loin qu'imposer un nouveau téléphone : Google veut transformer l'industrie mobile en facilitant le développement de nouvelles applications open source, qui pourront être utilisées sur des centaines de modèles de combinés et sur les réseaux mobiles de la plupart des opérateurs. Car comme elle l'explique, il y a de fortes probabilités que les futurs utilisateurs de Google n'aient même pas de PC, mais se connectent directement à l'internet depuis un combiné mobile.
Un navigateur web basé sur Konqueror
Le moteur de recherche sortira une première version de son kit de développement (SDK) le 12 novembre. « Comme la plate-forme Android sera complètement open source, nous ne pourrons pas imposer de restrictions, ni obliger les fabricants ou les opérateurs à intégrer les applications Google », précise à ZDNet.fr Rich Miner, directeur de la stratégie wireless de la société, et cocréateur d'Android.
Les développeurs indépendants pourront donc aussi créer leurs propres applications avec l'espoir qu'elles soient reprises par les opérateurs ou les fabricants dans Android, et ainsi diffusées massivement.
« Il pourra y avoir des téléphones équipés d'Android qui n'embarqueront aucune application Google. C'est à nous de convaincre nos partenaires d'utiliser nos services plutôt que d'autres », poursuit le dirigeant de Google. Et ainsi d'intégrer les fameux liens sponsorisés et autres solutions publicitaires de la société.
La seule application qui sera présente d'office sera le navigateur web, qui s'appuie sur Konqueror, la même technologie open source sur laquelle est basée le navigateur Safari d'Apple intégré l'iPhone et qui est à l'origine du navigateur présent dans les smartphones Nokia (N-Series et E-Series).
L'avantage d'Android pour le client final ? Il pourra avoir accès à des combinés avec des fonctionnalités dignes d'un smartphone, mais à un tarif beaucoup moins élevé, argumente Rich Miner. Pour autant, le consommateur va devoir s'armer de patience ; les premiers combinés ne devraient pas voir le jour avant le second semestre 2008.
Du temps pour s'imposer
De leur côté, les analystes demandent à voir pour être convaincus : « Je pense que les efforts de l'Open Handset Alliance auront un impact significatif sur le marché, mais cela prendra du temps à se concrétiser », souligne Charles Golvin, analyste chez Forrester Research. « Même si un grand nombre de nouveaux appareils utilisant la plate-forme Android inondent le marché, ils représenteront malgré tout une partie relativement petite du marché total. »
« Android est une initiative ambitieuse : non seulement développer une plate-forme logicielle entièrement nouvelle pour toute sorte d'appareils, mais aussi parvenir à entraîner une grande partie de l'industrie dans l'aventure, pour réussir à faire accepter cette plate-forme », renchérit Martin Garner, analyste chez Ovum. « Et il ne faut pas simplement réussir à la faire accepter : Android a besoin d'une grande part de marché pour que cela vaille le coup pour chacun des participants. »
C'est pourquoi Google a non seulement signé des partenariats avec des fabricants, mais aussi avec des opérateurs mobiles, qui contrôlent les applications proposées à leurs clients. La société est parvenue à faire signer KDDI et NTT Docomo, deux des plus grands opérateurs japonais, Sprint Nextel et T-Mobile aux Etats-Unis, et Telecom Italia, Telefonica et T-mobile en Europe. Les opérateurs français sont pour l'instant absents de l'alliance.


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