Le moteur de recherche veut bâtir un réseau sans fil national, sans frais pour les grandes villes métropolitaines et gratuit pour les usagers. Lexpansion.com revient sur le dossier déposé la semaine dernière en réponse à l'appel d'offres de San Francisco.
Ce qui n'était qu'une simple rumeur s'est finalement confirmé la semaine dernière. Google veut bâtir son propre réseau Wi-Fi entièrement gratuit. Le moteur de recherche a soumis vendredi dernier un premier projet à Gavin Newsom, le jeune maire de San Francisco, qui avait lancé un appel à candidatures pour offrir un accès à Internet "abordable" aux 700.000 résidents de la ville. L'entreprise de la Silicon Valley compte installer environ 300 antennes Wi-Fi pour un coût que les analystes estiment inférieur à 20 millions de dollars. Une goutte d'eau pour Google qui a récemment porté son trésor de guerre à 7 milliards de dollars à l'occasion d'une nouvelle introduction de capital en bourse. Contrairement aux propositions des autres entreprises concurrentes, Google précise qu'il veut installer ce réseau Wi-Fi sans frais pour la ville de San Francisco. Seul bémol, la vitesse de la connexion sans fil sera limitée à 300 Kbits/s, ce qui est suffisant pour naviguer sur le Web mais trois fois moins rapide qu'une connexion via le câble par exemple, qui dépasse souvent 1 Mbit/s. Google envisage cependant de vendre un accès plus rapide aux petits opérateurs de télécommunication locaux qu’ils pourront ensuite revendre aux utilisateurs.
Même si le projet d’un réseau sans fil à l’échelle d’une ville est une première pour la société de Mountain View, Google a déjà effectué des tests pour appuyer ses ambitions de Wi-Fi gratuit. Depuis quelques mois, l’entreprise sponsorise un hotspot gratuit mis en place par la firme Feeva au coeur de San Francisco, à Union Square. La technologie de cette start-up permet d’afficher de la publicité personnalisée en fonction de l’appareil de l’utilisateur (PC, agenda de poche, console de jeux portable, etc.) et de l’endroit où il se connecte sur le réseau de hotspots, grâce à sa technique de géolocalisation. « Tout est invisible pour l’utilisateur car, à l’inverse de nos concurrents, nous ne demandons aucune information personnelle. Mais du fait que la publicité affichée sur les pages Web peut être ainsi ciblée, un intermédiaire comme Google ou Yahoo peut faire payer plus cher le même espace publicitaire », souligne Nitin Shah, le Pdg de Feeva. Et c’est avec ce surplus de revenus publicitaires que Google compte payer pour son réseau Wi-Fi.
D’ailleurs, lors de la récente conférence Web 2.0 qui s’est déroulée à San Francisco, Marissa Mayer, la directrice des services grand public de Google, soulignait qu’une entreprise peut générer plus de revenus grâce à la publicité et en proposant ses services gratuits, qu’en les faisant payer à l’utilisateur. Un modèle qui n’est évidemment pas du goût des opérateurs qui freinent à tout prix le développement de ces réseaux Wi-Fi métropolitain, tant ils sont habitués à voir les usagers payer un abonnement pour leurs services. En Pensylvannie par exemple, le plus grand opérateur de télécommunications américain Verizon a conclu un accord avec le gouverneur de l’Etat pour interdire la construction de ce genre de réseau avec les fonds publics. Une exception a toutefois été octroyé à la ville de Philadelphie qui vient de choisir l’opérateur Internet Earthlink pour son futur réseau. Mais, il sera difficile de résister bien longtemps à l’offre du tout gratuit de Google.

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