Le géant Internet lance une suite bureautique en ligne au parfum du web 2.0. Innovation pour Google : elle sera payante. L'objectif étant de concurrencer Office dans les entreprises. Microsoft ne croit pas dans les seules applications en ligne.
L'attaque était prévisible. Après avoir avancé minutieusement ses pions depuis un an, Google s'en est pris jeudi ouvertement à l'une des pièces maîtresse de Microsoft : la suite Office, et ses 11 milliards de dollars de revenus annuels. Pour cela, Google a réuni dans un seul ensemble, baptisé « Google Apps », les principaux éléments d'une suite bureautique en ligne, accessible directement depuis un navigateur Internet, et sans avoir à installer d'applications sur son disque dur. Cette suite comprend donc un traitement de texte, un tableur, un calendrier, un outil de création de pages web, un service courrier électronique, de messagerie instantanée et une page d'accès personnalisée. A ces logiciels s'ajoutent de nouvelles fonctionnalités directement dédiées aux entreprises, comme le relevé des courriels depuis un BlackBerry.
Google Apps est gratuit dans sa version de base. Lancée depuis août sans le traitement de texte et le tableur, la suite est déjà utilisée par une centaine de milliers d'entreprises. Mais la véritable nouveauté, c'est que Google abandonne son modèle du tout gratuit et propose désormais une déclinaison « Premier » des Google Apps. Pour 50 dollars par an et par utilisateur, le stockage de courriels passe de 2 à 10 Go par compte, pour un accès garanti à 99,9%, la publicité est facultative (autrement dit, désactivée), les calendriers peuvent être partagés, des codes (API) sont fournis pour une intégration à un réseau local ou à d'autres logiciels professionnels, et une assistance technique peut être contactée en permanence par téléphone. Bref, Google choisit clairement d'attaquer le marché par les entreprises, avec l'idée de sensibiliser ensuite le grand public à son offre.
Le prix est bien évidemment un argument de taille : 50 dollars, cela reste environ deux fois moins cher que ce que dépense une entreprise pour équiper un poste avec Office (de 60 à 120 dollars par an sur 2 à 3 ans, selon Merrill Lynch). Et cela lui suffit pour gagner de l'argent. En outre, Google vante sa qualité de service et sa simplicité d'usage. Finies les applications à déployer et à mettre à jour sur tous les postes, les données perdues dans les disques dur : Google gère tout. Et pour le même prix. General Electric et Procter and Gamble aux Etats-Unis, L'Oréal, Médiamétrie et Essilor en France, lui font déjà confiance. Reste néanmoins quelques problèmes, comme l'obligation d'être connecté à Internet pour travailler, ou les fonctionnalités moins nombreuses que dans Word et Excel, même si l'essentiel est bien là. Et puis, quid de la sécurité ? Les entreprises sont-elles prêtes à stocker leurs documents sur les serveurs de Google ?
Voilà pourquoi Microsoft se montre encore confiant. Voyant clair dans le jeu de Google, le numéro un des logiciels cherche à protéger ses positions avec « Office Live », une suite d'outils en ligne pour créer le site de son entreprise, fournir des comptes de courriels à ses collaborateurs, partager des calendriers et des projets. Mais les applications, en elles-mêmes, resteront exécutées sur l'ordinateur, insiste-t-il. Eric Schmidt, le PDG de Google, vise, lui, déjà « des millions et des millions d'utilisateurs », en se défendant de vouloir détrôner Microsoft sur ce créneau. Depuis peu, le traitement de texte et le tableur de Google sont devenus les logiciels de leur catégorie les plus utilisés en ligne aux Etats-Unis, selon une récente étude Nielsen . L'issue de la partie tient peut-être au développement des navigateurs qui, comme Firefox 3, devraient permettre de continuer de travailler sur des applications, hors connexion.

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seules les entreprises sont concernéées donc pour les particuliers on reste dans le meme effet que maintenant alors on n a le temps de voir venir