En test depuis un an, Google Health s'ouvre aux utilisateurs américains, qui peuvent stocker en ligne leur dossier médical. Des associations s'inquiètent de l'exploitation de ces données à long terme, malgré les garanties formulées par Google.
Les internautes américains peuvent désormais confier leur dossier médical à Google : le moteur de recherche vient d'ouvrir son service Google Health, en version bêta aux États-Unis. Il s'agit d'un portail personnalisé via lequel l'utilisateur stocke et visualise ses informations personnelles, fait des recherches liées à la santé, ou encore crée des alertes pour la prise de ses médicaments.
Les informations d'un patient peuvent, par ailleurs, être récupérées auprès des services médicaux (médecins, hopitaux, pharmacies...) qui disposent déjà d'un archivage électronique des dossiers, ou bien ajoutées par l'internaute lui-même.
Cela fait pratiquement un an que le système est à l'étude et, après plusieurs expérimentations avec des hôpitaux notamment, Google l'ouvre au grand public. « Le secteur des dossiers médicaux en ligne en est juste à ses débuts. Et le fait que très peu de personnes utilisent ce type d'outils signifie que nous - les industries informatiques et celles de la santé - n'avons pas encore trouvé la bonne solution », note Roni Zeiger, directeur produit pour Google Health.
Rassurer les utilisateurs du service
Avec cette bêta, Google entend donc, en priorité, rassurer ses utilisateurs : le service ne partagera les informations qu'il détient qu'avec l'accord express du patient et aucune donnée ne sera jamais mise en vente, garantit la société. « Aucun utilisateur ne retrouvera ses données médicales dans les résultats de requêtes sur Google », assure Roni Zeiger.
Le moteur de recherche reste, en revanche, vague sur la façon dont il entend monétiser ce service ; pour l'instant, il s'agit d'une application gratuite, qui ne laisse pas apparaître de publicités.
Les associations américaines de protection des internautes s'inquiètent déjà, même si Google blinde ses règles de protection pour la vie privée : « Je pense que le principal problème se situe au niveau des services et des applications qui viendront se greffer au service, et sur lesquels Google aura un contrôle limité », souligne Leslie Harris, directrice du Center for Democracy and Technology (CDT).
Une internationalisation très compliquée
« Google a développé un ensemble de règles qui doivent s'appliquer à ces fournisseurs tiers, et la société effectuera un contrôle avant de les laisser proposer leurs applications. Mais cela sera impossible pour Google de surveiller tous ces fournisseurs sur la durée »
Pour l'instant, Google Health reste limité au territoire américain. Google ambitionne d'étendre son service au reste du monde, mais Roni Zeiger sait qu'il lui faudra avancer sur des oeufs dans ce secteur : « La santé est un secteur plus complexe que tous les autres sur lesquels Google a lancé des produits. Même au niveau des régulations et de la protection de la vie privée, nous avons encore beaucoup de travail et de choses à apprendre. »


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