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Internet

Google dégaine son projet de dossier médical personnel

Benjamin Ferran -  20/05/2008 17:02  - L'Expansion.com 
 
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Google Health.

Google peut héberger gratuitement des résultats d’analyses, ordonnances et listes de médicaments sur son nouveau service Google Health. Il promet « la politique de protection des données privées la plus stricte qui soit ».

Comme toujours avec Google, le marché est simple. Il s’agit d’échanger un peu de données personnelles contre des services pratiques. Sauf que cette fois, le groupe internet touche à un sujet sensible, la santé. Annoncé de longue date, lancé lundi soir, Google Health permet aux internautes de stocker et gérer gratuitement leurs données médicales sur la toile.

En présentant ce nouveau produit, Google n’a pas lésiné sur les déclarations rassurantes. Google Health, c’est promis, est totalement sécurisé et indépendant du moteur de recherche. Il n’y aurait donc aucun risque de voir ses données médicales se retrouver sur le Internet contre son gré. « Nous avons mis en place la politique de protection des données privées la plus stricte qui soit », a insisté Marissa Meyer, vice-présidente de la division des produits de recherche chez Google.

Est-ce suffisant pour écarter les craintes sur la protection de la vie privée ? Pas vraiment. Car Google Health est accessible à tout internaute muni d’un compte Google. Ce même compte qui permet de relever ses courriels Gmail pourra donner accès, s’il est détourné, à des données confidentielles, comme les maladies sexuellement transmissibles ou diverses addictions. De plus, des conditions d’utilisation particulièrement alambiquées n’interdisent pas Google de communiquer ces informations à des tiers.

Un intérêt à démontrer

Google va donc devoir convaincre de l'intérêt de son service. Une fois identifié, on y précise sa taille, son poids, sa « race », son groupe sanguin. On y entre ses maladies, ses allergies ou les résultats de ses tests. Son taux de cholestérol, par exemple. En fonction de ces informations, si votre profil est bien rempli, Google sait déterminer si certains médicaments vous poseront des problèmes. Plusieurs maladies font aussi l’objet de fiches détaillées. C’est rapide et interactif, mais ne remplace en rien un médecin, comme l’annonce d’emblée le moteur.

Le nouveau service ne donne toutefois pour l’instant sa pleine mesure qu’aux Etats-Unis. Connecté avec certaines pharmacies, cliniques et laboratoires du pays déjà partenaires, Google Health, permet à l’internaute d’accéder aux copies électroniques de son dossier médical, et de le partager comme bon lui semble. Un Américain peut par exemple décider de stocker sur Google Health ses résultats d'analyse, son CV sanitaire, ses séjours en clinique ou à l'hôpital, ses ordonnances, les médicaments qu'il prend, automatiquement.

L’internaute peut aussi communiquer ces données à d’autres sites, grâce à une interface de développement mise au point par Google. L’ « American Heart Association » est ainsi capable de calculer votre risque de faire une attaque cardiaque dans les dix prochaines années, sur la base des données entrées dans votre profil. Des communications avec des appareils électroniques, comme des podomètres, pour suivre sa santé au quotidien, sont aussi envisagées.

Une prise en charge par les groupes privés

Les questions de sécurité mises à part, nul ne sait vraiment ce que toutes ces données deviendront. Mi-avril, deux chercheurs pourtant favorables à cette informatisation des données médicales ont regretté, dans le New England Journal of Medicine, que les entreprises privées, et non l’Etat, soient à l’origine de telles initiatives. Google n’est en effet pas seul à lorgner le lucratif marché de la santé. Microsoft a lancé un service comparable à l’automne dernier, Health Vault, qu’il prévoit de décliner en France d’ici un an.

Google a déjà annoncé qu’il n’utilisera et ne vendra jamais de données individuelles, mais se réserve le droit de tirer des statistiques générales, sur les diabétiques par exemple. Il ne prévoit pas non plus d’appliquer de publicités ciblées. En revanche, des compagnies d’assurances pourraient très bien demander un jour à leurs futurs clients d'accéder, avec son accord, à son dossier avant de nouer un contrat. Heureusement, la paranoïa figure parmi les maladies listées par Google Health.

 
Commentaires - (1)
FRIP 20/5/2008 Recommander 0

Je trouve cette idee interessante. il faut la faire fructifier.

 
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