Après le traitement de texte en mars, Google présente un tableur, accessible en ligne. Ce concurrent d'Excel, riche de 200 fonctions, mise sur le travail collaboratif. Microsoft, assis sur un marché de 400 millions d'utilisateurs, affiche sa confiance.
Ces deux-là commencent visiblement par se connaître par cœur. Réagissant à la dernière des nouveautés de Google, un tableur en ligne, le directeur général du marketing de Microsoft en vient à se demander pour quelles raisons Google a tant traîné à dévoiler ce concurrent d'Excel. « Nous nous y attendions depuis bien longtemps et il n'y a là rien de nouveau », tempère Alan Yates. Officiellement, donc, pas d'affolement du côté de Redmond qui en a vu d'autres. C'est qu'avec 400 millions d'utilisateurs dans le monde, la suite Office, dont le tableur Excel est un des éléments clés avec le traitement de texte Word et le logiciel de présentation Powerpoint, dispose de solides bases. « Nous avons été confrontés à la concurrence de multiples produits gratuits et en ligne et nous portons toujours plutôt bien », ajoute le cadre de Microsoft.
Du reste, même s'il entre sur la chasse gardée de son rival, Google se garde bien d'user d'un discours belliqueux. Gratuit mais accessible à un nombre restreint d'utilisateurs sélectionnés sur liste d'attente, Google Spreadsheet se veut modestement un tableur destiné au grand public où l'accent est porté sur le partage d'informations entre amis, collègues ou avec sa famille. Car l'avantage sur un logiciel traditionnel, c'est que l'application en ligne est accessible directement via un simple navigateur Internet. Aussi jusqu'à dix internautes peuvent-ils travailler simultanément sur une même feuille stockée sur les serveurs de Google. Cependant, Google Spreadsheet affiche encore ses limites. Car malgré une interface proche de celle d'un logiciel classique grâce à une grande dose de technologies modernes, AJAX en tête, la possibilité d'organiser et de rechercher les cellules et d'exporter vers un document Excel, il manque dans ses 200 fonctions des outils majeurs comme les graphiques ou les macros pour en faire un réel concurrent du logiciel de Microsoft.
Voilà trois mois, Google avait usé du même discours mâtiné de modestie. C'était à l'occasion du rachat d'Upstartle, une entreprise éditant Writely, pendant dans le traitement de texte de Spreadsheet. Entre temps, le patron du groupe Eric Schmidt a assuré n'avoir pas l'ambition de concurrencer Word, mais d'intégrer la technologie dans d'autres services en ligne. Toutefois, Google, devenu à sa manière un éditeur de logiciel, a accumulé depuis le début de l'année la quasi-totalité des éléments qui constituent la suite Office, avec le traitement de texte (Writely), le tableur (Spreadsheet), le calendrier (Calendar) et l'outil de prise de notes. Preuve qu'il prend la menace Google au sérieux, Microsoft avait lancé Office Live, pour organiser et partager les informations de sa suite bureautique en ligne. Sur le trimestre achevé fin mars, Office a généré un bénéfice de 2 milliards de dollars pour un chiffre d'affaires de 2,9 milliards.

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