Dans la match à distance qui l'oppose à Google Earth, le Geoportail a perdu la première manche. Après les critiques qui ont suivi les cafouillages du lancement, l'IGN met l'accent sur l'homogénéité de ses services et mise sur la 3D pour convaincre définitivement.
Quinze jours après un lancement calamiteux, le Geoportail de l'Institut Géographique National (IGN) se laisse enfin découvrir. Le site est censé proposer une vision photographique et cartographique en 2D de la métropole, de la Corse et des Dom-Tom. Disons-le d'emblée, le résultat reste pour l'instant décevant. Outre une interface perfectible dans son utilisation, la qualité photographique des clichés, leur taille réduite affichée à l'écran et les capacités de zoom offertes par le Géoportail semblent bien modestes comparé au logiciel Google Earth de son concurrent américain.
Mais ce dernier est-il pour autant un rival? En l'état actuel des choses, la réponse est oui, dès lors que l'on s'en tient aux plus grandes villes françaises. En effet, les images affichées par le Géoportail sont fades et à la limite de la surexposition là où celles du concurrent offrent contrastes, couleurs franches et format plein écran. Quant à la puissance du zoom, le logiciel américain laisse carrément sur place le site français. Une simple recherche sur la Tour Eiffel ou la place du Capitole, à Toulouse se passe de commentaires.
Les choses prennent une autre tournure quand on s'écarte des grandes métropoles. Inutile d'espérer visualiser avec Google Earth votre prochaine location de vacances à Concarneau ou le départ de votre randonnée dans le Mercantour. Le logiciel américain n'offre plus qu'une vision floue et sans grand intérêt du territoire français. Du moins pour l'instant, car interrogé par Lexpansion.com, la firme américaine a confirmé sa vocation à augmenter les zones en haute résolution sur l'ensemble du territoire mondial. Pour l'heure, sur le Géoportail, villages, bourgs et villes de moyenne importance sont tous au rendez-vous. Certes, les défauts que nous venons de relever sont là. Mais le Géoportail les compense au moins par une certaine homogénéité.
Face à ces critiques, Bertrand Lévy, directeur de l'IGN, tente de se justifier: « S'agissant des difficultés de lancement, nous avons été surpris au-delà de ce qu'on espérait, avec quelque 6 millions de tentatives de connexions par jour le premier week-end. Le trafic se régule peu à peu. Une semaine plus tard, nous relevions 500.000 internautes par jour et 3 millions de pages vues. Nous atteignons aujourd'hui un rythme qui représente 60% de ces pointes », rappelle-t-il. Reste à savoir si cette baisse de régime est due à la vitesse de croisière du site ou à la fuite des internautes face à la piètre qualité des images proposées. « Nous avons toujours indiqué que ce que l'on mettait en ligne était une première pierre », se défend le directeur de l'IGN, « Notre modèle est celui d'un service public qui est d'offrir une qualité équivalente sur l'ensemble du territoire. Nous ne pouvons pas nous aligner sur la puissance de Google qui offre des images avec une résolution de 50 cm/pixel. Notre objectif n'est pas de nous livrer à une course au pixel ».
Sans doute, mais en attendant, ce chiffre figurait parmi les promesses faites en début d'année. Des améliorations sont pourtant programmées dans le cadre du contrat signé avec l'Etat. L'objectif étant d'atteindre une résolution de 20 cm/pixel dans les zones urbaines. « Nous devons tenir compte du coût et du rapport qualité-prix. Pour l'heure, il n'y a pas de décision prise de la part de l'Etat. Ce sont des choix politiques », ajoute Bertrand Lévy. Et de rappeler que ce modèle doit s'enrichir avec l'arrivée à l'automne prochain de la 3D, déjà en phase expérimentale à Toulon. « Sur le plan technique, nous sommes prêts. Il ne s'agit plus de problèmes liés au pré-calcul ou aux serveurs cache. Mais plutôt de savoir gérer la gestion des flux. Un script de navigation en 3D, cela ne se calcule pas au préalable », observe-t-il.
A nouvelle étape, donc, nouveau partenaire avec l'arrivée d'IGO, (pour Information géographique en 3D temps réel), entreprise spécialisée dans la réalisation de maquettes numériques en 3D. « Notre matière première, ce sont les prises de vues aériennes ou satellitaires, le relief, ou le modèle numérique de terrain fourni par l'IGN », explique Jean-Louis Marguier, responsable chez IGO. Les résolutions peuvent atteindre 10 cm, 5 cm, voire 1 cm/pixel en fonction des exigences du client. En clair : l'IGN fournit les visuels sur lesquels apparaissent les surfaces au sol des bâtiments, immeubles ou zones à relief. A charge pour IGO de les combiner pour offrir un logiciel qui permette la navigation en 3D, et le développement de services associés, le tout sur Internet. « Le Géoportail en 3D nécessite une offre logicielle totalement différente de celle utilisée actuellement », souligne Jean-Louis Marguier.
Est-ce à dire que la prochaine étape sera la bonne ? Il est permis d'espérer. Sur son site, IGO affiche tout de même une certaine prudence en déclarant que « la 3D devrait être en ligne en 2007. Les contraintes techniques sont très importantes, car l'IGN veut pouvoir offrir à ses internautes et abonnés, au moins autant de services que Google Earth ».

Le nombre d'iPhones 3G écoulés par Orange depuis la mi-juillet
Mercredi 3 septembre, AOL a annoncé la sortie d'une nouvelle solution visant à distribuer des annonces publicitaires sur l'iPhone. Cette technologie a été développée par Third...
Selon le Wall Street Journal, Dell chercherait un repreneur pour tout ou partie de ses usines en vue de sous-traiter la fabrication de ses PC en Asie.
Créé par décret paru au JO le 1er juillet 2008, le fichier Edvige (exploitation documentaire et valorisation de l'information générale) n'échappe plus à la critique. Ce fichier...