Problèmes techniques, explosion du budget, tension entre partenaires… le programme Galileo prend du retard. La faute aux Espagnols, accusent les Anglais. Pendant ce temps, les Chinois préparent leur système de positionnement tandis que le GPS domine outrageusement.
L'Europe a bien du mal avec ses fleurons technologiques. Commissaire européen aux Transports, Jacques Barrot vient de « tirer la sonnette d'alarme » devant l'accumulation de problèmes et de retards qui menacent le programme Galileo. Objet de ses inquiétudes : l'ambiance au sein du consortium chargé de développer et de définir les offres commerciales du futur système de navigation par satellite. Regroupant les français Thales et Alcatel, le britannique Inmarsat, l'italien Finmeccanica et les espagnols Aena et Hispasat, il n'échappe pas aux rivalités nationales qui perturbent déjà le fonctionnement d'Airbus. « C'est Hispasat qui est à l'origine des blocages, personne d'autre. Ils essaient, dans un style très européen, de faire paniquer tout le monde pour obtenir ce qu'ils veulent », accuse une source britannique, citée par l'AFP. En clair, l'Espagne cherche à hériter de responsabilités plus nombreuses et de centres de contrôles, dont l'implantation doit encore être définie.
Les exigences d'Hispasat et de l'Espagne n'expliquent cependant pas tout les retards. Le contrat de concession, qui précisera le montant des subventions versées, n'a toujours pas été signé, officiellement pour des problèmes de « répartition de risques ». Le modèle économique (faire payer le public, les entreprises ou les deux), n'est toujours pas arrêté. Attendue en 2011, soit déjà trois ans plus tard que le calendrier initial, l'exploitation totale de Galileo n'interviendra qu'en 2012 (l'exploitation partielle débutera en 2008). Pour ne rien arranger, le coût de développement du projet a doublé, passant de un à deux milliards. Pendant ce temps, le GPS américain continue de s'implanter sur les territoires européens, grâce au succès des navigateurs portables ou embarqués dans les voitures. Galileo devra aussi composer avec un nouveau rival, Beidou. Venu de Chine, il devrait-être opérationnel dès l'année prochaine en Asie, avant de s'étendre peut-être au reste du monde.

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