
L’opérateur suédo-finlandais juge l’offre, formulée jeudi, insuffisante. Elle le valorise entre 32 et 34 milliards d’euros, selon France Télécom, qui promet de maîtriser son endettement.
France Télécom devra revenir avec une meilleure proposition. C’est la conclusion formulée rapidement tout à la fois par TeliaSonera et par son premier actionnaire, l’Etat suédois, après avoir pris connaissance de l’offre de l’opérateur français jeudi matin. Cette proposition « amicale » le valorise entre 32 et 34 milliards d’euros.
Estimant avoir proposé le « juste prix », Didier Lombard n’entend pas relever son offre. Le PDG de France Télécom a indiqué lors d'une conférence téléphonique qu'il se laissait 15 jours pour lancer ou non une offre formelle.« De nombreux paramètres non monétaires peuvent être ajustés », a-t-il encore glissé, sans autre précision.
France Télécom se propose de payer à moitié (52%) en numéraire, au prix de 63 couronnes suédoises par action (6 euros), et à moitié par échange d’action, à hauteur de 3 actions nouvelles France Télécom contre 11 actions TeliaSonera. France Télécom reprendra également 3,6 milliards d’euros de dettes.
Pour mener à bien l’opération, France Télécom va à la fois émettre de nouvelles actions et s’endetter. Deux perspectives qui ne font pas vraiment plaisir aux investisseurs. Le titre du groupe français a ainsi encore abandonné 5,10% jeudi. L'opération aurait en effet pour conséquence de diluer son capital et de dégrader son principal ratio d'endettement (dette sur résultat brut) à 2,5 contre 2 actuellement. Un chiffre qu'il venait juste d'atteindre après l'avoir érigé comme objectif de désendettement et auquel il promet de revenir dans les 3 ans. « Nous ne reviendrons pas aux niveaux de dettes insensés, comme en 2002, lorsque le ratio était monté jusqu'à 7 », avait récemment indiqué le directeur financier Gervais Pellissier.
Oui, répondent une majorité d’analystes, qui agitent toutefois l’hypothèse d’une bataille boursière. D'autres groupes pourraient se lancer dans la course, tels que le norvégien Telenor ou l'allemand Deutsche Telekom. « Nous estimons que le prix proposé par France Télécom est équitable et ne pensons pas qu'une contre-offre soit l'hypothèse la plus probable », refroidit Dexia dans une note.
TeliaSonera a beau jouir d’une forte rentabilité, l’Europe du Nord est un marché particulièrement mature dans le mobile, où les marges de progressions sont faibles. « Même sur les marchés matures il est intéressant d'élargir le socle sur lequel nous opérons nos activités », justifie Didier Lombard. Selon JPMorgan, la logique d'une prise de contrôle de TeliaSonera reste néanmoins à prouver.
France Télécom vante dès lors aussi la présence de sa proie sur les marchés émergents, « d'Eurasie notamment, qui connaissent une forte croissance avant même que l'internet ait pu s'y développer ». Mais ils représentent à peine la moitié de l’activité de TeliaSonera. De plus, l’opérateur n’a pas de position majoritaire en Russie et en Turquie, les deux pays les plus intéressants, et sa participation y est parfois remise en question par des actionnaires locaux, notent des analystes.
« Ce rapprochement permettrait de créer un leader mondial des services convergents de communications, numéro trois mondial dans le haut-débit fixe et numéro quatre mondial dans le mobile », ajoute France Télécom. Avec 237 millions de clients, dont 168 millions dans le mobile et 69 millions dans le fixe, le nouvel opérateur occuperait, selon France Télécom, « des positions de premier plan dans 30 pays, dont 21 où il détiendrait une position de leader ».

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