Concurrencé par les spécialistes de l'Internet, Fnac.com a trouvé sa voie, grâce à une stratégie de « clic et magasin ». Pour la troisième année, le site est rentable. Mais le téléchargement de musiques pèse encore très peu.
Auto-estampillé « découvreur de talents », la Fnac a trouvé sa nouvelle star : son propre site de e-commerce. Huit ans après sa création, Fnac.com est officiellement un succès. Certes, ce n'est toujours pas le plus gros de sa catégorie en termes de ventes, même s'il est le plus visité. Mais à l'inverse de ses concurrents « pure players », « Fnac.com n'a pas acheté des parts de marché à tout prix », se félicite Denis Olivennes, le PDG du groupe de distribution. Mieux, il est « le seul en France et peut-être en Europe à pouvoir combiner sur Internet une croissance forte de son chiffre d'affaires et de sa rentabilité ». Visé, un site comme Rue du commerce, aujourd'hui plombé par ses faibles marges. Pour la troisième année consécutive, Fnac.com a donc gagné de l'argent (les données précises seront publiées en même temps que les résultats de PPR, en mars). Déjà connu, son chiffre d'affaires a été de 254 millions d'euros, en hausse de 35% par rapport à 2005, et de 159 millions d'euros (+23%) hors billetterie et service. Ce qui le place au deuxième rang des Fnac, derrière le magasin du Forum des Halles, qu'il devrait dépasser cette année.
Pour en arriver là, Fnac.com a tenté de transformer ses faiblesses en force, avec comme ligne directrice une stratégie « clic et magasin » associant boutiques virtuelles et physiques. Longtemps accusé de n'être qu'une simple vitrine de la Fnac, bien pratique pour comparer les produits, le site a développé l'achat en ligne et le retrait dans les magasins. En décembre, ce procédé a représenté 10% des ventes de la Fnac.com. Dans l'autre sens, l'achat en magasin et la livraison à domicile, testé en 2006, devrait être généralisé cette année. Critiqué pour ses prix plus hauts que les « pure players », Fnac.com a également introduit en 2006 des systèmes de vente flash et profité de la refonte de la carte adhérent, qui attribue des remises automatiques sur certains produits technologiques. Plus que jamais, le site a aussi misé sur sa marque et son service après-vente, dans un contexte où les internautes tendent à privilégier la « praticité » sur le prix.
L'autre axe de développement de Fnac.com, ce sont les services. En 2006, 5,5 millions de morceaux ont été téléchargés sur Fnacmusic, soit une croissance de 80% et 20% de parts de marché. Depuis peu, la grande affaire, c'est le téléchargement de morceaux en MP3 sans protection. Les ventes des 170.000 morceaux du catalogue des indépendants ont doublé depuis que les systèmes de DRM n'y sont plus appliqués. « La Fnac a toujours été à la tête de la croisade pour l‘interopérabilité, c'est le sens de l'histoire », a rappelé Denis Olivennes. La Fnac est donc entrée en pourparlers avec les majors pour qu'elles revoient leurs positions. Pas question cependant de leur verser d'avances sur ses ventes, comme le demande EMI. « Il faut que ce court-termisme cesse, et rendre l'offre de musique en ligne pertinente et rentable pour ceux qui la distribuent ». En 2006, les téléchargements - musique, films et logiciels combinés-, n'ont pesé qu'autour de 9 millions d'euros.

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