S'il domine toujours largement le marché des navigateurs, Internet Explorer a vu sa part baisser pour la première fois au cours des derniers mois. La faute à ses problèmes de sécurité à répétition, mais aussi à la qualité de ses challengers, dont le petit Firefox.
Le nouveau trublion d’Internet s’appelle Firefox. D’après les statistiques du cabinet d'analyse WebSideStory, ce petit navigateur se permet de marcher sur les plates-bandes de Microsoft. Pourtant, le géant des logiciels pensait, depuis la mort de Netscape, avoir réduit toute concurrence à néant grâce à son Internet Explorer. Avec 5,7% de parts de marché, le couple Mozilla/Firefox gagne pourtant 1,7 point par rapport à juin. Dans le même temps, Explorer en perd 1,8, passant de 95,5 à 93,7%. Des variations qui restent légères, tant la domination de Microsoft sur le marché est importante. Mais qui traduisent néanmoins des changements réels de comportement des internautes qui ne se contentent plus du navigateur fourni par défaut avec Windows.
A l’origine de cette tendance, les problèmes de sécurité du navigateur de Microsoft jouent certainement un rôle déterminant. La prolifération des failles de sécurité ont poussé des sociétés, des administrations, des universités ou des fournisseurs d’accès à déconseiller ce navigateur. On craint les virus, bien sûr. Mais on est lassé aussi par les spyware ou les adware, ces messages publicitaires intempestifs qui perturbent la navigation et font perdre un temps fou. Un climat de méfiance qui se propage jusqu’au grand public qui se met à redouter l’utilisation d’Explorer. A cela, il faut ajouter le manque d’évolution technique du logiciel de Microsoft depuis sa version 5.0. Exemple flagrant, il a fallu attendre la récente SP2 de Windows pour voir apparaître un bloqueur de pop-up.
Pas étonnant, donc, que ce contexte profite aux navigateurs alternatifs, et notamment à Firefox, créé par la Mozilla Foundation, groupe issu des décombres de Netscape. Léger, rapide, disposant d’un système de navigation par onglet et d’autres fonctions avancées, porté sur PC, Mac et Linux, il connaît dernièrement un succès remarquable. Sa version 0.8 a été téléchargée trois millions de fois. Le double a été atteint pour la 0.9. Le cap du million devrait être franchi d’ici quelques semaines par la version 1.0, dont une préversion est sortie lundi 14 septembre. Ses développeurs sont en tout cas optimistes. Ils savent qu’ils peuvent compter sur la force d’une communauté dévouée qui évangélise à tour de bras les internautes. Un terrain sur lequel Microsoft peut difficilement lutter. Et lorsque l’enthousiasme bénévole ne suffit pas, la Mozilla Foundation est même prête à mettre la main à la poche en rétribuant les développeurs qui découvrent des problèmes de sécurité. Jeudi dix failles, affectant notamment les images BMP ou le format vCard, étaient ainsi corrigées.

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