Des dizaines de nouveaux opérateurs aspirent depuis mercredi à la succession du 12. Proposant tous un annuaire universel, ils tentent de se démarquer par des services à valeur ajoutée. Au risque de déstabiliser le consommateur.
Le 12 vit ses dernières heures, ou plus exactement ses derniers mois. Et il faudrait presque inventer un service de renseignement dédié pour s'y retrouver dans cette myriade de nouveaux numéros qui aspirent, depuis mercredi après-midi, à sa succession. Conséquence de la libéralisation du marché des renseignements, une trentaine de sociétés, qu'elles soient spécialistes des annuaires, opérateurs de téléphonie mobile ou fournisseurs d'accès à Internet, se disputent un marché de 300 millions d'appels par an. Le but, selon l'Arcep, le gendarme des télécoms, est d'offrir plus de choix au consommateur. Au risque de le déstabiliser car il y aura au total 57 numéros permettant d'accéder aux mêmes services de base. L'Arcep, qui ne l'ignore pas, s'est d'ailleurs fendu d'un site Internet avec tableau comparatif.
Seul point commun de ces nouveaux numéros : leurs trois premiers chiffres. Comme dans plusieurs pays européens, ils débutent par 118, suivis de trois chiffres personnalisés, qui peuvent être composés indifféremment depuis un poste fixe ou mobile. France Télécom, par exemple, a choisi le 118 712. Les PagesJaunes seront joignables au 118 008. L'allemand Telegate et le britannique Le Numéro ont préféré, eux, le 118 000 et le 118 218. Alors que Bottin joue le décalage, avec son 118 007. Côté services, tous donnent accès à l'annuaire universel, qui comprend désormais les numéros de téléphone fixe des particuliers et des professionnels, les numéros mobiles, les numéros de type 087 attribués par les FAI et ceux en 08 des services gratuits ou payants.
Entre ces services, la différence se fait pour l'heure principalement sur le prix. Ce qui promet une belle pagaille, car les tarifs sont truffés de mauvaises surprises. Le 12 avait le mérite d'être simple. L'appel était facturé 90 centimes, la mise en relation 15 centimes et la communication décomptée au tarif habituel de France Télécom. Désormais, tout change. Chez Le Numéro, on facture 90 centimes tout compris, pourvu que l'appel dure moins de 20 minutes et soit passé depuis un poste fixe. En provenance d'un mobile, il faut compter 1,10 euro l'appel et 10 centimes la minute (exemple chez SFR). Chez PagesJaunes, on retrouve la même différence de tarifs fixe/mobile. Mais ici, la mise en relation reste facturée. Chez France Télécom, on facture 1,12 euro l'appel, hors coût des communications, et ce pour trois renseignements maximum. Chez Telegate, on ne surtaxe pas les services additionnels (annuaire inversé par exemple), mais c'est 96 centimes la minute, puis 22 centimes la minute après la mise en relation.
Mais les nouveaux numéros n'en resteront pas là. Les sociétés sont en effet libres d'intégrer d'autres services "à valeur ajoutée". Les renseignements internationaux, par exemple, ne se retrouvent pas chez tous les opérateurs. A terme, les 118 pourront s'essayer à la recherche d'horaires de train et de cinéma, l'envoi de renseignements par SMS ou l'orientation vers le boulanger le plus proche, grâce au GPS. Très critique vis à vis de cet éclatement de marché, l'UFC-Que Choisir réitère auprès de l'Arcep sa demande d'obliger les sociétés à réserver certains numéros aux renseignements de base, et d'autres aux services à valeur ajoutée. Et cite l'exemple de l'Angleterre, où « les consommateurs perdus et excédés par l'attitude des annuairistes appellent de moins en moins le service de renseignement universel ». L'association appelle donc les consommateurs à n'utiliser que le 12 jusqu'à sa disparition le 3 avril, après une période de transition.

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