Facebook rachète Parakey, une start-up fondée par un des créateurs de Firefox. Le concurrent de MySpace pourra développer un véritable système d'exploitation sur Internet. Sur fond de rumeur d'introduction en Bourse record.
Certains commentateurs aux Etats-Unis y voient déjà un nouveau Microsoft ou un nouvel AOL. Autrement dit, un des futurs plus gros acteurs de la high-tech. Longtemps resté dans l'ombre de MySpace, toujours pas disponible en français, Facebook rencontre ces derniers mois un succès explosif. Jeudi soir, le réseau social a annoncé le rachat de Parakey, une mystérieuse start-up qui promet de développer un système d'exploitation complet sur Internet. Dans un seul et même logiciel, l'internaute pourra tout à la fois naviguer, gérer ses courriels, charger ses photos depuis son appareil photo sur son blog ou travailler sur un traitement de texte. Si l'ordinateur n'est plus connecté à Internet, les contenus seront sauvegardés sur le disque dur et synchronisés à la prochaine connexion. Résultat, l'environnement personnel restera accessible depuis n'importe quel ordinateur ou système d'exploitation.
Parakey n'est pas le seul à suivre cette voie. En développant des applications en ligne, dont certaines fonctionnement désormais aussi sans connexion, Google est présent sur ce créneau. Mais il lui manque encore un vrai système d'exploitation qui puisse lier ses applications. C'est tout l'objet du développement de Parakey, fondé il y a deux ans par Joe Hewitt et Blake Ross. Ce dernier, à peine âgé de 22 ans, ne manque pas d'expérience, puisqu'il est un des deux initiateurs du projet Firefox ! Chez Facebook, il rejoint le PDG Mark Zuckerberg, un jeune entrepreneur de 23 ans, qui mise sur cette notion de système d'exploitation en ligne pour faire la différence avec MySpace et devenir incontournable sur Internet. En mai, Facebook s'était déjà fait remarquer en proposant aux développeurs de créer leurs propres applications 2.0 pour le site. Pour l'heure, il s'agit de petits outils assez limités que les membres intègrent dans leurs profils Facebook (publication de vidéos, gestion de listes de lecture musicales...). Il y en a déjà plus d'un millier.
MySpace commence à en prendre ombrage. Mi-juillet, il a tenu à rappeler qu'il restait, de loin, numéro un. Chaque jour, il attire trois fois plus de visiteurs que Facebook. Il est le site le plus consulté aux Etats-Unis avec 70 millions de visiteurs uniques. Ses membres (plus de 100 millions, contre 30 millions pour Facebook) y passent aussi dix minutes de plus par mois. Bref, il n'y a pas encore de comparaison envisageable. Sauf, peut-être, sur le montant d'un éventuel rachat. Alors que le sort de MySpace est scellé depuis qu'il a été racheté 580 millions de dollars en 2005 par Rupert Murdoch, Facebook reste indépendant. Et sa valorisation atteint des sommets. L'an dernier, Mark Zuckerberg aurait refusé une offre de 1 milliard de dollars émanant de Yahoo. Depuis, le ticket d'entrée aurait atteint 6 milliards. A moins que Facebook préfère une entrée en Bourse, ce qui semble désormais la solution privilégiée.

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