Le fondateur de MySpace propose de racheter 25% du groupe Dow Jones, maison-mère du Wall Street Journal, pour 1,25 milliard de dollars. Brad Greenspan n'a toujours pas digéré la vente de son site de socialisation à Rupert Murdoch, déjà candidat au rachat de Dow Jones.
Brad Greenspan est rancunier. Auto-proclamé « fondateur de MySpace », cet entrepreneur d'Internet est bien décidé à compliquer la vie de Rupert Murdoch. Mercredi soir, il a fait parvenir au Conseil d'administration du groupe Dow Jones une contre-proposition à l'offre de News Corp. Brad Greenspan propose d'acquérir sur une même base de 60 dollars par action 25% du capital de la maison-mère du Wall Street Journal, pour un montant total de 1,25 milliard de dollars. Séparément, il dépenserait 250 supplémentaires pour donner au groupe de presse les moyens d'accélérer son développement, notamment dans l'Internet. Cette offre, qui préserve « l'indépendance et l'intégrité de Dow Jones tout en bénéficiant aux actionnaires [est] une alternative attrayante aux options actuelles », explique Brad Greenspan sur un site Internet créé pour l'occasion. Et plus particulièrement à celle de Rupert Murdoch, le patron de News Corp., qui a provoqué une levée de boucliers parmi les journalistes.
Seulement, Brad Greenspan n'est pas vraiment le chevalier blanc que le groupe Dow Jones attendait. A trente-quatre ans, ses moyens sont limités, et il doit s'adosser à un mystérieux consortium d'investisseurs. Le problème est d'ailleurs là. Le rachat de MySpace par News Corp. à l'été 2005, pour 580 millions de dollars, ne lui a rapporté qu'une soixantaine de millions. A l'époque, il ne dirigeait plus Intermix Media, maison-mère de MySpace, et n'avait aucune marge de manœuvre. Brad Greenspan ne l'a pas digéré. Selon lui, MySpace valait déjà 20 milliards de dollars lors de son rachat ! S'estimant floué, il a porté l'affaire en justice, mais un tribunal de Los Angeles a rejeté sa plainte. Depuis Brad Greenspan, essaye de retrouver le succès dans la vidéo et l'information en ligne.
Aucun autre investisseur n'avait pourtant déclaré officiellement son intérêt pour Dow Jones depuis le dépôt de l'offre de Rupert Murdoch, le 1er mai. Selon le Wall Street Journal, le conseil d'administration de Dow Jones a décidé mercredi de passer à la vitesse supérieure, en reprenant en main les négociations. La famille Bancroft, qui détient 64% des droits de vote, avait dans un premier temps refusé l'offre du magnat des médias, avant de changer de position. Mais les discussions achoppaient toujours sur les garanties de l'indépendance éditoriale. L'arrivée d'autres acteurs, notamment de General Electric et du Financial Times, pourrait accélérer la vente.

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