62 chefs d'Etat et de gouvernement doivent discuter du 10 au 12 décembre à l'occasion du premier sommet mondial sur la société de l'information. Mais il n'y a toujours pas d'accord sur les questions qui seront examinées et notamment la gestion des noms de domaine.
Toujours incapables de parvenir à un accord, les différents participants au premier Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI), ont décidé vendredi la tenue d’une nouvelle réunion les 5 et 6 décembre prochain. Ce rendez-vous constitue la dernière chance d’arriver à une déclaration commune de principe et à un plan d’action permettant de réduire la fracture numérique entre les différents pays. Et l’enjeu est de taille, dans un monde où la moitié de la population n’a encore jamais passé un simple coup de téléphone. Ces travaux serviront de base à ceux du Sommet prévu du 10 au 12 décembre à Genève. Si les délégués se sont mis d’accord sur 90% de l’ordre du jour aux cours des négociations de la semaine passée, des divergences importantes subsistent sur des points essentiels comme le rôle des médias ou la liberté d’expression, le contrôle d’Internet ou le financement du développement mondial de la société de l’information. En effet, deux conception de la toile s’opposent.
Par exemple, les pays en développement considèrent qu’un organisme privé ne peut gérer l’attribution des noms de domaines sur Internet et que ce rôle doit être dévolu aux Etats ou à une organisation internationale indépendante comme l’ONU. Les pays "développés" préfèrent eux laisser le secteur privé s’en charger, comme c’est le cas aujourd’hui avec l’ICANN. Autre point de divergence : la création d’un fonds mondial de solidarité numérique, qui est vivement souhaitée par les pays "pauvres". Mais elle est catégoriquement rejetée par les "riches". De leur côté, certaines ONG soupçonnent des pays comme la Chine, la Tunisie ou le Pakistan de vouloir légitimer par ce sommet la censure qu’ils imposent à leurs internautes, en matière de liberté de la presse. Mais les chances de parvenir à un accord complet sont faibles, comme le reconnaît Yoshito Utsumi, secrétaire général de l’Union internationale des Télécommunications, chargée d’organiser le Sommet. "Il est peu probable que les participants se mettent d’accord avant le Sommet […]. Ces questions seront alors renvoyées à la deuxième phase du Sommet, prévue à Tunis en 2005" a-t-il indiqué. Il a aussi expliqué que le Sommet de Genève aura de toute façon été utile "en faisant prendre conscience au plus haut niveau politique des implications de la société de l’information".

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