Michael Dell reprend le poste de PDG, abandonné à Kevin Rollins depuis deux ans. Avec une longue liste de problèmes à régler : la baisse des ventes, la qualité du SAV, l'image de ses ordinateurs, et une enquête de la SEC sur ses comptes.
Michael Dell écrit sa légende. Celui qui fut à l'origine de l'une des plus belles réussites informatiques américaines – c'était en 1984, dans une chambre d'étudiants, avec un millier de dollars en poche – reprend les commandes de Dell avec la ferme intention de remettre son entreprise sur les rails. La manœuvre s'annonce délicate. Depuis qu'il a abandonné le poste de PDG en juillet 2004 à Kevin Rollins, aujourd'hui débarqué, les ennuis se sont accumulés. Ex-numéro un incontestable des PC, Dell s'est fait rattraper puis distancer par Hewlett-Packard. Pour la première fois, sa croissance vient même d'être inférieure à celle du marché. Et cela ne va pas mieux côté résultats : le bénéfice net et le chiffre d'affaires du quatrième trimestre seront encore inférieurs aux attentes des analystes. Bref, l'objectif ambitieux de 60 milliards annuels en 2006 et des 80 milliards en 2008 ou 2009, formulé l'an dernier, ne risque pas d'être tenu. Pour couronner le tout, des anomalies comptables font l'objet d'une attention soutenue du gendarme boursier.
Qu'est-il arrivé au texan ces deux dernières années ? En fait, pas grand chose. Sous la présidence de Kevin Rollins, gestionnaire mais pas visionnaire, Dell est resté arc-bouté sur la stratégie qui a contribué à son succès phénoménal : la vente directe, les machines au plus bas prix, la fidélité à Intel. Or, pendant ce temps, c'est le secteur qui a bien évolué. Symbole des PC sans âme, Dell a été boudé par les consommateurs grand public qui lui ont préféré des modèles plus travaillés de Hewlett-Packard et Apple, ou moins chers d'Acer. La gamme XPS et le rachat d'Alienware, qui lui permettent de viser le segment moyen et haut de gamme, sont arrivés top tard. Dans les serveurs, Dell n'a pas su s'adapter à la monté en puissance d'AMD. Il a fallu attendre l'an dernier pour voir un processeur Opteron dans une de ses machines. Dans les entreprises, Dell a été victime et une politique tarifaire agressive de ses concurrents, qui lui ont ôté son meilleur argument, ainsi que des retards de Windows Vista qui ont décalé le renouvellement des parcs. Là aussi, il n'a pas su réagir.
Ces contre-performances ne suffisent pas à entamer l'assurance de Michael Dell, qui restait tout de même président du Conseil d'administration. « Dell a des opportunités fantastiques qui l'attendent », promettait-il mercredi soir. Le parallèle avec le retour de Steve Jobs à la tête d'Apple, quasi au même âge (42 ans, contre 41 ans pour Dell), est tentant. Sauf que Dell vend déjà des baladeurs MP3 et des télés, sans grand succès : l'électronique grand public ne pèse que 15% de son chiffre d'affaires, handicapé par la vente directe. Questionné par la presse américaine, Michael Dell répond qu'il ne changera pas de modèle, mais l'améliorera. Autrement dit, Dell n'est pas Apple et n'a aucune ambition de le devenir. L'entreprise texane continuera de batailler sur les prix et de jouer la carte de la flexibilité. Tout en s'attaquant à d'autres problèmes qui peuvent miner sérieusement son image, comme la polémique sur son service après-vente. Pour la première fois depuis 1996, lorsqu'il avait fait venir Kevin Rollins, Michael Dell se retrouve en tout cas seul à la barre. Wall Street, qui souhaitait ce retour, semble y croire. Le titre prenait 2% à l'ouverture du Nasdaq. Il avait perdu 40% depuis janvier 2005.

La baisse des ventes de DVD aux Etats-Unis depuis le début de l'année
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Même devancée par ces concurrents sur le secteur des pc portables,Dell reste à mes yeux le principal fournisseur de bon nombre d'entreprises qui lui assure une part de marché considérable.Le retour de son créateur plus anticipateur que ne le fut Rollins devrait assurer un nouveau élan à l'enseigne même si une entreprise vit et pérennise autour de tous ces collaborateurs et pas seulement gràce aux qualités individuelles de sa tête pensante.A lui d'insufler ce noubeau souffle lié à l'évolution du secteur et dont dépend la survit de son oeuvre.