
Pour retenir ses cerveaux, Google a mis en place un algorithme capable d'identifier les salariés susceptibles de démissionner.
Vous travaillez chez Google depuis deux ans, votre programme de stock-options ne vous donne pas satisfaction, votre horizon est bouché et vous envisagez de partir ? Votre hiérarchie ne risque plus d'en être étonnée. Grâce à un nouvel algorithme, Google est désormais capable de prévoir qui, parmi ses 20.000 employés, est tenté de quitter l'entreprise.
La formule mathématique n'a pas été dévoilée en détail, mais elle prend en compte des éléments tels que la rémunération, l'ancienneté et les divers entretiens d'évaluation. D'après le Wall Street Journal, elle aurait déjà permis de détecter les employés qui s'estiment sous-utilisés, un reproche fondamental chez les candidats au départ.
Pour Google, qui a mis en place dernièrement des outils permettant tout à la fois de suivre l'avancée de la grippe A ou de prédire le vainqueur de l'Eurovision, il ne s'agit pas seulement d'une nouvelle démonstration technique de sa puissance de calcul et de son inventivité. Le groupe est en effet confronté à une réelle fuite de ses cerveaux, tentés par de nouvelles aventures chez des grands noms du web ou des start-ups populaires.
A mesure qu'il s'est développé, comme nombre de sociétés high-tech avant lui, Google a en effet perdu l'esprit de start-up de ses débuts. Les nouveaux-venus ne bénéficient ainsi pas de la même liberté d'imposer leurs projets. Pour limiter son exposition à la crise, le groupe a par ailleurs réduit la voilure ces derniers mois, coupant plusieurs services annexes, comme le monde virtuel Lively.
Les exemples de départs ne manquent pas. Tim Armstrong, responsable des ventes, est parti diriger AOL, suivi par David Rosenblatt, vice-président en charge de la publicité. La démission de Doug Bowman et son embauche par Twitter, particulièrement médiatisée, ont contribué à raviver les questions sur la gestion humaine et la bureaucratisation galopante de Google.
Avec cet outil qui vise à "pénétrer dans l'esprit" de ses employés, selon la définition du responsable des ressources humaines, Laszlo Block, Google croit tenir un début de solution pour se donner les moyens de retenir ses talents. Dans une entreprise qui glorifie les chiffres et les analyses de données, cela risque de ne pas suffire. Une des lacunes de Google tient en effet à sa gestion humaine trop impersonnelle, ont expliqué des salariés d'hier et d'aujourd'hui au Wall Street Journal.

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