Bruxelles reprend en main le projet Galileo pour éviter la catastrophe. Le déploiement des satellites sera financé à 100% par des fonds publics. L'abandon du projet serait "un échec technologique majeur pour l'Europe".
On efface tout, et on recommence. Comme attendu, la Commission européenne a plaidé mercredi pour une reprise en main rapide et totale du projet Galileo par le secteur public. Depuis 2003, il était pourtant convenu que toute la phase de développement, autrement dit, la mise sur orbite des satellites et la construction des infrastructures au sol, serait financée à un tiers seulement par l'Europe. Réunis au sein d'un consortium, huit groupes européens – Alcatel, Thales, Immarsat, EADS, Aena, TeleOp, Hispasat et Finmeccanica – devaient compléter le budget. C'était compter sans les jeux de pouvoir entre les Etats pour obtenir des centres de commandement et des responsabilités. Sans compter aussi sur la frilosité des industriels, peu pressés de mettre la main au portefeuille.
Redoutant le « syndrome Airbus », la Commission européenne propose désormais aux 27 de prendre en charge en totalité le déploiement des trente satellites, qui doivent être placés sur orbite à 24.000 km d'altitude. Cela représente un coût total de 3,4 milliards d'euros, alors que le budget public initial était de 1,5 milliard d'euros. « La Commission démontre que la mise en place de l'ensemble de l'infrastructure initiale, pilotée et financée par le secteur public, s'avère le plus avantageux, le plus réaliste et, à terme, le moins coûteux », explique-t-elle aujourd'hui. En clair, que les retombées de Galileo à l'échelle européenne permettront de compenser cet investissement supplémentaire. Les partenaires industriels ne sont toutefois pas totalement écartés. Ils restent dans la course pour l'exploitation de Galileo qui interviendra, au mieux, en 2012. Avec quatre ans de retard.
Toutefois, de lourdes incertitudes pèsent encore sur cette phase opérationnelle. Lors des précédentes négociations, il avait été convenu que Galileo serait « un système civil sous contrôle civil ». Cette décision était en fait un geste en direction des pays les plus « atlantistes » de l'Union (Grande-Bretagne, Irlande, Pays-Bas) peu enthousiastes à l'idée de créer un concurrent du GPS américain. « Sans remettre en cause le caractère civil du système, il faut admettre que des recettes substantielles peuvent être générées par les utilisateurs militaires », a rappelé mercredi la Commission. Sans les militaires, Galileo ne gagnera de l'argent que sur des utilisations commerciales de son signal. Proposé aux professionnels, un signal payant permettra d'atteindre une précision d'un mètre, contre cinq mètres environ pour le signal public, et une vingtaine pour le GPS.
Tous ces changements de cap doivent encore être entérinés par les 27, à l'unanimité. Dans ses scénarios, la Commission propose donc une version allégée, qui limiterait le financement public à 18 satellites. Néanmoins, elle s'oppose vivement à l'abandon pur et simple du projet, qui séduit encore plusieurs capitales. Les Américains, en effet, prévoient de mettre en service vers 2013 une version améliorée de leur GPS. Un abandon représenterait « un échec technologique majeur pour l'Europe », note la Commission. « La radionavigation par satellite est en train de pénétrer tous les segments de la socété, ce qui confère au programme Galieo une dimension que l'on pourrait qualifier de "citoyenne" », ajoute-t-elle. Le lancement de Galileo devrait permettre la création de 100.000 nouveaux emplois, sur un marché estimé à 276 milliards d'euros en 2020.

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L'argent public finançant Galileo ? Je n'osais pas en rêver! Espérer obtenir un consentement à payer pour un service que le GPS offre gratuitement était/est déraisonnable. Mais renoncer pour autant à l'indépendance et à la précision aurait été une catastrophe. Il ne reste plus qu'à libérer les données cartographiques publiques, et ce ne seront pas 100.000 emplois qui seront créés, mais bien davantage, sur un marché absolument gigantesque.
Galileo est nécessaire pour l'indépendance de l'Europe, sur le registre économique mais aussi militaire. Avoir ignoré ce registre est une grave erreur. Tous les systèmes concurents ont été fondés sur budgets militaires, voués comme beaucoup de projets technologiques ainsi développés (une grande majorité sans doute !) à évoluer vers des applications civiles. Voilà un chantier que l'on pourrait ouvrir à l'Europe de la défense, qui peine à exister,qui a fait l'objet de beaucoup d'homélies pendant la campagne présidentielle mais que l'on oublie lorsqu'il s'agit de développer un projet concret.
l europe c est bien mais le defaut c est le gaspi de notre argent je sait de quoi je parle je suis agriculteur..........
Les industriels ont peur et ils ont raison. Il faut donc des fonds publics. Et pourquoi ces fonds publics ne seraient-ils pas rentabilisés par la suite en facturant le droit d'utilisation de Galiléo aux industriels ? Pourquoi l'état devrait t'il toujours miser à perte ? Des risques sont à prendre, ils le seront avec nos impôts alors créons une structure qui puisse tenter au moins un retour partiel sur investissement
Il faut mettre sur pied le système Galileo (européen) le plus vite possible pour évincer le système GPS (américain) qui veut monopoliser la navigation par satelite dans le monde (et y imposer ses lois et normes)
Sans Europe solidaire à défaut d'états unis européens, il sera difficile d'avancer, pour le plus grand bénéfice des USa (et je suis loin d'être anti-américain, au contraire, mais chacun a le droit de voir midi à sa porte non?)! Alors Galliléo c'est cher, mais c'est le prix à payer de la liberté!
des fonds publics, c'est à dire tous les impôts que nous nous saignons à payer et qui sont reversés à Bruxelles, pour une connerie pareille!! je crois qu'il y a mieux à faire avec "des fonds publics" que de financer un système qui a la folie des grandeurs! J'espère que ce projet sera purement et simplement abandonné! Je crois que l'Europe a d'autres priorités que de financer un système qui ne nous servira pas à grand chose!!!!!!!!!