Le pays du soleil levant est la terre d'élection du téléphone mobile. La 3G y est déjà banalisée et l'on y voit le portable servir à regarder la télé, à payer ses courses ou à télécharger des données en les photographiant. Il doit même à terme commander aux robots...
Le saviez-vous ? Votre téléphone portable a pris un coup de vieux. A peine plus d'une seconde pour obtenir une image haute def', une douzaine pour récupérer une présentation Powerpoint de 3 Mo, une vingtaine tout au plus pour télécharger une chanson… En France, la téléphonie mobile va bientôt se conjuguer en très haut débit, grâce à la technologie HSDPA. SFR et Orange lanceront leurs premières offres 3G+ grand public cet été avec, à la clé, des débits pouvant atteindre 1,8 Mbps. De quoi espérer relancer l'UMTS qui a séduit pour l'heure 3 millions d'abonnés dans l'hexagone. Un bilan plus qu'encourageant mais incomparable avec celui du Japon où la 3G a déjà conquis 50 millions d'adeptes et 56% du parc de portables. D'autant que le pays du soleil levant devrait compter 16 millions d'abonnés à un service 3,5G au printemps 2007. C'est dire s'il va continuer d'assumer son rôle de précurseur des nouveaux usages du téléphone mobile.
Depuis le 1er avril dernier, le service One Seg permet ainsi aux abonnés de NTT DoCoMo et de KDDI de recevoir sur leur portable sept chaînes de la TNT. Diffusées en mode broadcast, à l'instar de la télévision hertzienne, ces chaînes gratuites proposent les mêmes programmes que la télévision fixe et se financent grâce à la publicité. L'écran du mobile est alors partagé en deux espaces, l'un dédié aux contenus audiovisuels, l'autre aux données offrant ainsi une interactivité (discussion en ligne, commentaires sur les émissions, participation à la production,…) grâce aux liens s'affichant en fonction des programmes. Les analystes de Juniper Research prévoient qu'à l'horizon 2010, les Japonais seront les premiers consommateurs de services de TV mobile broadcast (8,6 millions) devant les Américains (7,97 millions).
Mais la téléphonie mobile « made in Japan » ne se contente pas de transformer le portable en récepteur télé. La puce sans contact FeliCa mise au point par Sony autorise des applications quasi illimitées. Embarquée dans le combiné, elle permet, entre autres, de commander l'ouverture de sa porte d'entrée, de lancer l'impression d'un document à distance, de régler le supermarché, les transports en commun ou son kiosque à journaux. Proposés et facturés in fine par NTT DoCoMo, ces services sont déjà utilisés par plus de 12 millions de consommateurs dans l'archipel. « DoCoMo a l'ambition de substituer le téléphone portable à tout ce qui se trouve dans la poche de l'utilisateur », observe Riyako Sukemoto, consultante spécialiste des NTIC au Japon et fondatrice de Jap'Presse/InnovAsia Research.
Les nippons ont également trouvé une utilisation inattendue de la fonction appareil photo grâce à la généralisation d'une sorte de code barre en 2D, le code QR. Au Japon, on les retrouve de plus en plus sur les cartes de visite, les magazines, les produits ou l'affichage publicitaire. Or il suffit de les prendre en photo pour mettre à jour son fichier de contacts, obtenir des informations sur un appareil ou une entreprise, récupérer le plan d'un quartier, payer ses billets d'avion ou de retracer le circuit suivi par un produit alimentaire. « La prochaine étape concerne la reconnaissance d'images ou celles d'objets. Un simple cliché pris à partir du mobile permettra de diriger l'utilisateur vers le site Web dédié », ajoute Riyako Sukemoto.
A noter enfin cette autre application qui touche un domaine dans lequel les Japonais sont passés maîtres : la robotique. D'ici quelques mois, le robot domestique pourra être sollicité à distance depuis un portable. On lui demandera par exemple de rechercher un restaurant pour la soirée, puis de paramétrer le navigateur automobile et, en fin de parcours, de reprendre la main sur le mobile pour rejoindre à pied le restaurant. « Le mobile devient ainsi une télécommande de la vie », affirme Riyako Sukemoto.

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