Internet

AOL supprime un tiers de ses effectifs

L'Expansion.com -  19/11/2009 18:00:00 
 

Au moment où il s'apprête à s'émanciper de Time Warner, AOL annonce un plan de départs volontaires. L'entreprise cherche à éliminer 2.500 postes pour économiser 300 millions d'euros. 

Le groupe AOL, pionnier déchu de l'économie internet, débute sa nouvelle vie, autonome du groupe Time Warner, sur une sévère cure d'amaigrissement en faisant disparaître un bon tiers des effectifs. Le PDG Tim Armstrong l'a annoncé jeudi à ses 6.900 salariés. AOL entend économiser 300 millions de dollars par an, ce qui passe par la suppression de quelque 2.500 postes.

Entre le 4 et 11 décembre, AOL proposera un plan de départ volontaire auquel il espère que souscriront 2.500 personnes, a indiqué à l'AFP une porte-parole, Tricia Primrose. Mais des licenciements ne sont pas à exclure, en cas d'un nombre insuffisant de volontaires.

Dans une communication aux autorités boursières, AOL a évalué le coût de cette restructuration à 200 millions de dollars, une somme qui devrait peser sur les comptes du premier semestre 2010. Le PDG a renoncé en outre à ses primes pour 2009, une décision "personnelle", qui "ne présage en rien d'éventuelles décisions similaires pour les salariés", a-t-il souligné.

Le groupe se serre la ceinture alors qu'il est sur le point de s'émanciper de son propriétaire, le groupe de médias Time Warner, entrant dans une période de turbulences. La scission, réalisée par une opération de partage d'actions, sera effective le 9 décembre. Dans la foulée, le nouveau conseil d'administration d'AOL n'aura plus qu'à valider le plan de restructuration.

Ses plus mauvais résultats depuis 2006


Time Warner a décidé de se délester d'AOL afin d'arrêter les frais d'un des rapprochements les plus désastreux de l'histoire de l'économie moderne : cette semaine un analyste de Credit Suisse valorisait AOL 3,5 milliards de dollars, contre 165 milliards de dollars en 2001. La création du groupe AOL Time Warner, effectuée alors par échange d'actions, accordait aux actionnaires de la jeune pousse internet 55% du capital de la société fusionnée. Mais dès 2002, le groupe devait s'engager dans des dépréciations en cascades pour maintenir à flots AOL, qui ne cessera depuis de lui créer des tourments.

Avant de se résoudre à se séparer d'AOL, sans en tirer aucune recette, Time Warner a tenté plusieurs opérations de sauvetage, allant même jusqu'à explorer une alliance avec Yahoo. En mars, il a débauché le PDG Tim Armstrong chez Google.

Au troisième trimestre de cette année, AOL a vu ses ventes chuter de 23%, perdant 438.000 abonnements, soit les trois plus mauvais mois depuis 2006, année où il a proposé d'ouvrir des comptes mails gratuits, des années après Google et Yahoo.

Le retard mis à abandonner un modèle par abonnement pour choisir la gratuité financée par la publicité, et la lenteur pour adopter le haut débit ont entraîné une hémorragie d'utilisateurs, le groupe peinant dès lors à drainer des revenus publicairaires accaparés par ses rivaux. En septembre, AOL était tombé au sixième rang mondial des sites internet mondiaux les plus fréquentés, perdant 12% de temps de consultation en un an, se faisant notamment largement dépasser par le jeune Facebook (4e), selon le cabinet ComScore.

Bebo à vendre ?


Outre des suppressions d'effectifs, AOL pourrait désormais être contraint de réduire son périmètre. Selon un site spécialisé du Wall Street Journal, il entendrait se séparer rapidement de sa peu rentable filiale de messagerie instantanée ICQ pour 300 millions de dollars, et penserait à vendre le site communautaire Bebo acheté en 2008 pour 850 millions de dollars.

AOL, qui a rassemblé à son zénith 30 millions d'abonnées, réalise plus de 80% de son chiffre d'affaires aux Etats-Unis. En 2006, AOL comptait encore 19.000 employés, soit environ un cinquième des effectifs totaux de Time Warner de l'époque. Sa branche française, AOL France, a été vendue en septembre 2006 à Neuf Cegetel pour 288 millions d'euros, désormais propriété de Vivendi.

 
 
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Commentaires - (2)
Zyx 20/11/2009 Recommander 1

Explosion à retardement de la bulle internet. Les analystes du CS qui évaluaient cette entreprise 165 milliards de dollars en 2001 n'avaient pas eu l'idée de tester son service client. Un des plus désastreux du marché. Toute complainte était traitée avec le pire mépris du genre: "si vous n'êtes pas satisfait vous n'avez qu'a vous en aller" Parfois dans le business il y a un peu de justice.

aleau 20/11/2009 Recommander 2

AOL avait absorbé ( aimablement ? ? ? ) HOL ( Havas On Line ) puis AOL s'est acoquiné avec Neuf Cegetel SFR et bien maitenant c'est son tour ; J'ai rejoint Orange° car le service de AOL devenaitDEPLORABLE.! Et 2500 personnes se retrouve (ENCORE) sur le trotoir.

 
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