Adobe a dévoilé cette semaine son Media Player. Face à Windows Media Player et à iTunes, ce logiciel proposera une intégration complète de la publicité, comme à la télé, pour faciliter la mise en ligne de vidéos gratuites et de qualité.
Entre Adobe et Microsoft, la collision est inévitable. Cette semaine, les deux éditeurs ont rivalisé d'annonces, pour faciliter l'accès aux contenus multimédia sur Internet et les PC. D'un côté, Microsoft proposera bientôt Silverlight, un plug-in concurrent de Flash pour consulter facilement les contenus au format Windows Media à partir du navigateur du navigateur. De l'autre, Adobe lancera à l'automne prochain son propre lecteur multimedia. Indépendant du navigateur, ce concurrent de Windows Media Player et d'iTunes sera aussi la première application à utiliser la nouvelle plate-forme Apollo. Explications de Jim Geurard, le vice-président chez Adobe responsable des produits Web et Video.
Microsoft avec Windows Media Player et Apple avec iTunes, dominent déjà le marché des lecteurs multimédia. N'est-il pas trop tard pour se lancer ?
Nous sommes présents sur le segment des lecteurs multimédia depuis quelques années, grâce à Flash. Ce plug-in, déjà installé dans 99% des PC, bureau ou portables, est devenu le standard de facto pour diffuser de la vidéo sur Internet. En fait, Adobe Media Player est une extension de Flash. Il permet d'accéder aux contenus Flash, c'est-à-dire des vidéos, des sons ou de l'animation, sans être connecté à Internet. Adobe Media Player intègre aussi une fonction de réseau social. Par exemple, si nous regardons la même émission ou le même film, nous pourrons échanger des commentaires en direct, noter le film, le recommander à nos amis ou à d'autres contacts. Le lecteur est aussi compatible avec le standard RSS qui permet de s'abonner aux chaînes Internet et de recevoir le contenu automatiquement sur son PC. A l'autre bout de la chaîne, il ne faut pas oublier que la majorité des studios de cinéma et de télévision utilisent déjà notre suite multimédia pour créer et éditer leurs contenus. Avec la dernière version de Creative Suite, ils peuvent désormais sauvegarder leur travail au format Flash en plus du DVD, du Blu-Ray, de QuickTime ou de Windows Media.
Les fournisseurs de contenu utilisent déjà la publicité pour monétiser leur contenu. En quoi la solution d'Adobe est-elle différente?
En plus des modèles économiques connus pour monétiser du contenu sur Internet, comme le paiement à la carte ou les offres de location/abonnement, Adobe Media Player va ouvrir la voie à un modèle entièrement basé sur la publicité. Dans le monde de la télévision, ce modèle est viable depuis plus d'un demi-siècle, mais pas encore sur Internet. Grâce à Adobe Media Player, les fournisseurs de contenus pourront personnaliser le lecteur multimédia avec leurs propres logos et leurs bandeaux publicitaires. De même, ils seront certains que la publicité incluse dans la vidéo ne pourra pas être enlevée et pourront traquer le succès de leurs campagnes en temps réel, à chaque fois que le lecteur se connectera à Internet.
Comment voyez-vous la concurrence avec Microsoft, qui a annoncé un plug-in video concurrent du Flash Player, et qui prépare aussi une suite créative, Expression?
Microsoft est à la fois un partenaire et un concurrent. Côté création, les fournisseurs de contenus utilisent depuis des années les outils de notre Creative Suite, notamment Premiere pour l'édition vidéo, et After Effects pour les effets spéciaux. Alors que le produit de Microsoft n'est pas encore sorti. Même chose pour le plug-in video dont le succès repose sur sa disponibilité sur de nombreuses plateformes: Windows, Mac, Linux, etc. Cela fait des années que nous avons montré notre volonté d'assurer cette compatibilité multi-plateforme. En revanche, Microsoft n'est pas vraiment connu pour supporter à long terme des plateformes autres que Windows.

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