A l'instar de Citroën en octobre dernier, Volkwagen subit un contre-coup sur le marché chinois. Le leader local voit ainsi ses ventes chuter de 6% l'an dernier. Alors, Eldorado ou miroir aux alouettes ?
Alors que les multinationales, tous secteurs confondus, ne jurent plus que par la Chine et son formidable potentiel, les constructeurs automobiles connaissent, eux, leurs premières franches désillusions industrielles. Concurrence féroce oblige. Ce fut le cas en octobre dernier pour Citroën (3,8% de parts de marché), qui lança alors un sales-warning pour l'année en cours. Ça l'est désormais pour Volkswagen, pourtant écrasant leader du marché local, avec 26% de parts de marché. Soit 15 points devant son challenger, General Motors, et ses 11,6%. Suivent ensuite un trio de marques nippo-coréennes, Honda-Hyundaï-Suzuki, oscillant chacune entre 5 et 8%. Et pourtant, d'aucuns, à commencer par Mercer Management, tablent toujours là-bas sur une production annuelle de quelque 6 millions de voitures à l'horizon 2010 contre 2,6 millions en 2003. De sorte que vers 2020, le parc automobile chinois pourrait flirter avec le seuil des 100 millions d'unités.
Dans le détail, les ventes du groupe allemand ont plongé de 6% l'an dernier, alors que les immatriculations globales, elles, se sont envolées d'environ 20%. Surtout, le repli subi par VW ne devrait pas s'accompagner d'un rebond en 2005, cependant que le marché chinois dans son ensemble pourrait encore gagner de l'ordre de 10 à 15%. En fait, le numéro un européen, qui a fait de l'Empire du milieu sa chasse gardée depuis vingt ans maintenant (signature d'une joint-venture en 1984 avec Shanghaï Auto), subit de plein fouet l'offensive des nouveaux venus japonais, en l'occurrence Toyota et Nissan, l'allié de Renault. Ceux-ci jouent en effet à plein la carte des prix cassés et autres promotions monstres pour émoustiller des consommateurs déjà sur-sollicités. Ils profitent notamment des facilités de crédit à la consommation octroyées par Pékin (lesquelles ont du reste été restreintes pour éviter la surchauffe), des investissements colossaux réalisés dans les infrastructures routières et de la montée en puissance d'une classe à fort pouvoir d'achat. Seulement, ce processus de guerre des prix n'est pas extensible à l'infini. Sauf à devenir contre-productif pour certains « gros » acteurs, dont les marges jusque là confortables pourraient brutalement se contracter. Or, les « gros » sont de plus en plus nombreux comme en témoigne la présence de DaimlerChrysler ou Ford, ou bien l'irruption récente de BMW et de Porsche.

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