Le numéro quatre mondial du pétrole a confirmé aujourd'hui devant l'AG de ses actionnaires qu'il menait une "réflexion" dans le nucléaire. Il souhaite aussi sortir à court terme de Sanofi-Aventis dont il détient 13,1%. Une participation qui vaut aujourd'hui quelque 12 milliards d'euros.
Il y a trois mois, Christophe de Margerie, qui n’était encore que directeur de la branche exploration-production de Total, confiait déjà au Financial Times qu’il lui fallait se diversifier pour pallier la raréfaction inéluctable des ressources. Aujourd’hui, durant l’assemblée générale des actionnaires, le successeur de Thierry Desmarest a réaffirmé qu’il menait une « réflexion » sur un développement dans le nucléaire, tout en précisant toutefois qu’il n’avait pour l’instant aucun programme particulier. Parmi les voies concrètes possibles, d’aucuns soulignaient fin février que le français pourrait fort bien vouloir investir dans des mines d'uranium à l'instar d'un Gazprom par exemple, soit réactiver son projet de centrale nucléaire au Canada, dans la province de l'Alberta.
C’est que le groupe pétrolier n’ignore pas qu’il doit d’ores et déjà préparer l’après-pétrole. Parce que les hydrocarbures fossiles (pétrole et gaz naturel notamment) sont devenus plus que jamais une ressource rare ; parce que certains Etats (Russie, Vénézuéla, Algérie, Iran…) se détournent des « majors » et reprennent la main sur leurs champs pétrolifères, le poids-lourd de la cote parisienne se doit d’explorer des alternatives énergétiques crédibles pour les décennies à venir. Car les énergies renouvelables ne suffiront pas à couvrir tous les besoins de la planète.Sans se montrer très disert, le nouveau patron de Total a simplement levé quelques hypothèques. Pour commencer, il a botté en touche sur le dossier Areva, précisant que « le gouvernement n’a pas décidé d’offrir d’action Areva à d’autres partenaires ». Ensuite, Christophe de Margerie a indiqué qu’une éventuelle diversification ne passait pas par une alliance avec EDF, GDF ou même Suez.
En outre, le numéro quatre mondial du pétrole a expliqué qu’il s’apprêtait à se délester « probablement à court terme » de sa participation dans Sanofi-Aventis, dont il est le premier actionnaire. Or, celle-ci se monte tout de même à 13,1% du numéro trois mondial de la pharmacie. Ce qui représente la bagatelle de 12 milliards d’euros environ au regard de son actuelle capitalisation boursière. Concrètement, Total prévoit de céder son bloc de 13% au fil de l’eau pour ne pas embarrasser son partenaire pharmaceutique par une « politique un peu maladroite ». Un bloc dont le groupe a hérité au gré de ses fusions/acquisitions : Sanofi étant l’ancienne filiale pharmaceutique d’Elf qu’il a lui-même avalé en 1999. Jusque là, Total avait expliqué qu’il n’avait pas vocation à rester éternellement au sein du groupe présidé par Jean-François Dehecq. Mais le dossier de son retrait ne revêtait pas un caractère d’urgence. Désormais, la direction semble se faire plus pressante. Car il lui faudra financer ses « investissements considérables » et ses « efforts significatifs » dans la recherche.

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