Sony s'unit avec BMG pour contrôler 25,2% du marché et talonner Universal. En parallèle se profile le rapprochement entre EMI et Warner.
A force de " discuter avec tout le monde ", les Cinq Majors devaient bien finir par s’entendre. C’est désormais chose faite pour deux d’entre elles, et sur le point de l’être pour deux des trois autres. Première déflagration de ce mouvement de concentration musicale qui préfigure une vaste recomposition du secteur : la fusion entre Sony et BMG, la filiale de Bertelsmann ; autrement dit la rencontre improbable entre Beyonce et Patrick Bruel. Avec en toile de fond, des négociations poussées entre EMI et Warner, deux sociétés qui s’étaient déjà courtisées il y a trois ans. Selon le Financial Times EMI aurait d'ores et déjà acquis des garanties de crédits bancaires pour une acquisition de 1,7 milliard de dollars en cash.
Pour l’heure, Sony Music, numéro deux mondial, et BMG, la plus petite de cet autre club de " Big Five ", se donnent les moyens de talonner Universal, le leader incontesté. La première évite ainsi de se retrouver marginalisée au moment où sa rivale directe, EMI, songe à s’unir avec l’américaine Warner. La seconde, elle, assure rien moins que sa survie en s’adossant au challenger d’Universal après avoir vainement tenté de se rapprocher… d’EMI il y a deux ans.
Pour cela, les deux partenaires ont signé jeudi une " lettre d’intention non contraignante " portant création d’une nouvelle entité baptisée Sony BMG et co-détenue à parité. On ignore cependant le montant de leurs investissements respectifs. Tout juste connaît-on la répartition managériale au sommet : Sony BMG sera présidée par l’actuel patron de l’éditeur allemand mais pilotée sur le terrain par celui du japonais. La Major nippo-germanique détiendra 25,2% de parts de marché.
Reste que les deux Majors avant de pouvoir unir officiellement leurs catalogues respectifs, allant de Céline Dion à Avril Lavigne en passant par Aerosmith, Michael Jackson ou encore Bruce Springsteen , devront passer par la double case Antitrust, aux Etats-Unis et en Europe. Or, sur le plan concurrentiel, un tel rapprochement semble loin d’être entériné. On se souvient en effet de l’échec retentissant de la fusion entre BMG et EMI en 2001, qui venait lui-même en écho d’un autre flop entre EMI et Warner un an auparavant.

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