Le régulateur boursier indique que les 50 milliards d'euros de positions prises par Jérôme Kerviel n'ont pas été signalés comme relevant de « comportements anormaux » par les marchés concernés.
Audité mercredi par la commission des Finances de l’Assemblée, Michel Prada, le patron de l’Autorité des marchés financiers a précisé que ni l’allemand Eurex (le marché à terme filiale de Deutsche Börse) ni le britannique Liffe (le marché des produits dérivés à Londres) n’avaient décelé de « comportements anormaux » dans les positions exceptionnellement élevées et non compensées du trader de la Société Générale. Cela bien qu’Eurex ait signalé dès la fin octobre puis en novembre à la SG un incident, une sorte d’anomalie dans les activités effectuées par Jérôme Kerviel.
D’après le gendarme boursier, « il ne faut pas être trop focalisé sur les montants notionnels (ndlr qui ne correspondent pas à des achats réels). Je pense que précisément la façon dont les marchés fonctionnent fait que les volumes notionnels qui sont exposés par les grands joueurs sont considérables ». Il en va ainsi des 50 milliards accumulés à la mi-décembre par le désormais célèbre salarié de la salle de marché de la SocGen. En 2006, selon les estimations de l’AMF, les volumes notionnels se sont élevés à quelque 20.000 milliards de dollars ! Ce qui mécaniquement relativise les 50 milliards de positions de Jérôme Kerviel.
Pour ce qui relève de la procédure interne, la banque dirigée par Daniel Bouton aurait par contre péché par légèreté. Et Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, de considérer dans un entretien accordé au site internet de Paris Match que l’établissement de la Défense n’a pas affecté de moyens humains suffisants aux contrôles internes. Une carence pourtant pointée du doigt à plusieurs reprises, mais manifestement non corrigée : « Nous l’avions détecté et signalé lors des précédentes missions de la Commission bancaire ». Rappelons que la Commission bancaire a effectué 17 contrôles dans diverses sections de la SocGen entre 2006 et 2007. Mieux encore. A l’issue de l’un de ceux-ci, en mars dernier, Daniel Bouton s’était vu remettre une lettre de cadrage dans laquelle le PDG était invité à « maintenir une extrême attention à tout risque opérationnels (fraude, erreur humaine, panne informatique) » dixit Danièle Nouy, la secrétaire générale de ladite Commission.

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Il me semble qu'il y ait confusion entre les volumes notionnels de 20.000 milliards de dollars, qui doivent représenter le total des transactions réalisées dans une année, avec les 50 milliards d'euros de position, qui doivent représenter l'encours à un instant donné. On mélangerait dans ce cas les flux (volumes) et les stocks (positions). Si oui, une position de 50 milliars d'euros par rapport à 15.000 milliards d'euros représenterait quelque chose comme 1 jour de transactions mondiales, ce qui reste complétement démesuré pour un seul établissement, a fortiori pour un seul trader.
Curieusement, l'AMF estime besoin de sejustifier. Nul n'ignore qu'elle est au abonnés absent. N'est pas la SEC qui veut. Lorsque l'on sait que n'importe quelle agence de notation ne doit fournir aucun document lors d'un changement de reco mais simplement le tenir à sa disposition si besoin était et ce durant deux ans, c'est à mourir de rire. Si un tel document devait être présenté, ... imaginez un peu. Le normal serait qu'il soit publié avec le changement tout simplement.