Le laboratoire américain Merck vient de renoncer à son prototype de vaccin anti-SIDA. Son concurrent, Pfizer, a lui obtenu l'aval de Bruxelles pour la commercialisation en Europe de son traitement oral contre la propagation du VIH, le Celsentri.
Deux des plus grands laboratoires pharmaceutiques mondiaux ont envoyé coup sur coup deux signaux contradictoires sur le front de la lutte contre le sida, laquelle a causé la mort de 25 millions de personnes en 25 ans. D'un côté, l'américain Merck ; de l'autre, son compatriote, Pfizer, n°1 mondial du secteur.
Le premier a brutalement jeté l'éponge en interrompant l'essai clinique international d'un vaccin expérimental que la communauté scientifique qualifiait de prometteur. Cela au motif qu'il n'a pas réussi à démontrer son efficacité. Le second, au contraire, persévère avec son traitement oral anti-VIH, intitulé Celsentri, en obtenant le feu vert des autorités européennes. « Il faut cependant bien distinguer les deux approches thérapeutiques, confie à LExpansion.com un spécialiste des valeurs pharmaceutiques. Car Merck s'est lancé dans le préventif alors que Pfizer opère dans le curatif. Dans le premier cas, on est dans la stratégie du "risk reward", c'est-à-dire du tout ou rien. Si Merck trouve le vaccin, il aura une exclusivité mondiale qui lui offrira dix années de tranquillité et donc de prospérité. Mais il a malheureusement plus de chances d'échouer. Comme cette fois. Dans le second cas, celui de Pfizer, il convient d'alimenter le "pipe commercial", c'est-à-dire assurer des flux de trésorerie avec des médicaments moins rémunérateurs mais en revanche moins complexes à élaborer. Sans compter que le groupe connaît de sérieux problèmes actuellement avec le brevet de son Lipitor (anti-cholestérol), le blockbuster n°1 dans le monde ».
Le coup d'arrêt de Merck a véritablement jeté un coup de froid, et pas seulement à la direction générale du géant américain – « Cet échec est une déception pour nous » –. Car il ne faut pas oublier que le développement moyen d'une molécule court sur huit à douze années ! Le V520, son prototype de vaccin, était testé depuis sept mois en Afrique du Sud – qui abrite 5,5 millions de séropositifs – auprès de 750 personnes non contaminées. Mais manifestement, ce prototype n'est pas parvenu à bloquer le processus d'infection. Or, c'était là sa principale innovation : jusque là, les précédentes tentatives s'évertuaient à stimuler la réponse immunitaire de l'organisme en le poussant à fabriquer des anticorps. Merck a l'inverse, cherchait à refouler le virus au moment où celui-ci cherche à s'infiltrer dans le corps, via la sécrétion de lymphocytes T, dits « tueurs ».
De son côté, Pfizer, l'heureux propriétaire du Viagra, pousse son avantage sur le segment des traitements anti-SIDA avec son Celsentri. Cet inhibiteur oral, dont le but est de barrer l'accès des globules blancs au virus, a en effet obtenu l'aval de Bruxelles. Conçu il y a une décennie tout juste aux Etats-Unis, le Celsentri n'est en fait commercialisé là-bas que depuis un mois.
En marge des avancées ou des reculades de ces deux mastodontes du médicament, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et la malaria s'apprête à réunir sur deux jours à Berlin ses généreux donateurs. Mercredi et jeudi prochain, Kofi Annan, le secrétaire général de l'ONU, appellera donc de ses vœux une nouvelle collecte de plusieurs milliards de dollars qui devrait s'étager sur deux ans, entre 2008 et 2010. La précédente et jusque là unique campagne menée par le Fonds a permis de récolter environ 8,4 milliards depuis 2001. Ce qui a permis de financer ensuite 450 projets dans 136 pays. Pour la période 2008-2010, le Fonds a cependant évalué ses « besoins » entre 15 et 18 milliards ! Pour l'heure, Bruxelles s'est engagé à verser 100 millions d'euros par an jusqu'en 2010. Soit autant que la fondation Bill Gates.

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BRAVO peut sperer sur un traitement completement curatif?quand?
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